Ne déclare jamais de trêve
Au plus merveilleux de tes rêves
Y’a qu’une loi qui nous élève
C’est marche en avant ou bien crève…

Tel est le titre de ma chanson Le plus merveilleux de tes rêves de mon second livre/CD musical intitulé Les yeux du cœur.

 

Même si nous n’en sommes pas toujours conscients, les rêves sont de très précieux moteurs de vie. Sans eux, c’est l’immobilité qui nous guette, le sommeil et la tentation de se figer dans la sécurité et l’habitude. Le rêve, c’est une façon qu’utilise notre Esprit pour nous propulser en avant et nous motiver à agir. En effet, si nous rêvons d’abondance et, de surcroît, plus grand que nature, on verra tout notre être s’occuper des menus détails pour que cela se concrétise, au bon moment évidemment. Tout voyage commence par un pas, dit-on, et ce pas, c’est souvent le rêve. Mais, argumenteront certains, j’ai beau demander l’abondance chaque jour, ce n’est pourtant que la pauvreté que j’attire ! Qu’est-ce qui cloche ? Qu’est-ce qui ne marche pas ? C’est peut-être que vous demandez la lune avec votre tête, au lieu de rêver avec votre cœur.

 

Il y a un subtil piège dans le fait de demander : c’est que, ce faisant, on sous-entend qu’on ne possède pas. Tandis que rêver, c’est matérialiser ce qui est déjà là, dans l’énergie, prêt à être cueilli. The sky is the limit (le ciel est notre seule limitation) dit l’adage, tandis que notre mental, lui, joue les ingénues en nous imposant ses barrières et en nous gardant au ras des pâquerettes.

 

Je me rappelle une conférence au cours de laquelle j’avais lancé, juste comme ça, qu’il m’arrivait d’accompagner des groupes de voyageurs en Inde. À la pause, trois jeunes filles vinrent me voir à ce sujet. Deux d’entre elles me dirent que, pour l’instant, elles n’avaient pas l’argent nécessaire, mais qu’elles continueraient à nourrir le rêve de venir avec moi. La troisième se contenta de râler, en se plaignant qu’elle n’aurait jamais les fonds nécessaires pour un tel voyage et qu’elle préférait donc ne pas y penser pour éviter la déception. Quelle ne fut pas ma surprise, quelques mois plus tard, de retrouver dans l’avion qui nous menait à Delhi, les deux filles qui, suite à des circonstances hors du commun qu’elles n’auraient jamais pu imaginer lorsqu’elles avaient entendu parler du projet, avaient quand même gardé espoir et reçu l’argent nécessaire. Devinez laquelle ne faisait pas partie de l’aventure…

La peur d’accéder à un trop grand bonheur est souvent ce qui empêche nos rêves de se réaliser. Eh oui ! Vous avez bien lu : la peur d’être trop heureux ! Craindre le bonheur parce qu’on aura à en payer le prix dans le futur ! Alors, pour éviter le trouble, on se maintient dans la souffrance, comme ça on est tranquille et on reste dans le connu. Combien d’entre nous se sont laissés convaincre avec les années qu’ils ne méritaient pas l’abondance ? C’est une pensée destructrice qui est malheureusement nourrie par beaucoup. C’est fou comme on peut avoir peur du bonheur parfois ! La preuve ? Ne vous est-il jamais arrivé de refuser un cadeau ou qu’on vous rende un service par simple peur d’accumuler une dette que vous auriez un jour à rembourser ?

 

Qui sommes-nous au juste ? Poussière ou lumière ? Faudrait se brancher ! Ces deux théories plutôt aux antipodes l’une de l’autre circulent sur notre valeur en tant qu’humain. La première dit que nous ne sommes que poussière et que nous retournerons en poussière ! Assez poussiéreux comme approche, à mon avis, mais puisqu’il en faut pour tous les goûts ! L’autre théorie, beaucoup plus encourageante, raconte que nous sommes plutôt des êtres divins, c’est-à-dire possédant en nous une partie de Dieu, une partie rattachée au Tout. Waouh ! La plupart des chercheurs de vérité que je connais adhèrent à cette dernière théorie beaucoup plus positive, tandis que la première ressemble beaucoup plus à un nid propice à la soumission. Et si on commençait par donner un grand coup de balai dans ces croyances avilissantes et qu’on se prenait plutôt pour le fruit d’une semence divine? Croyez-vous que ça changerait quelque chose ? Pour ma part, je le crois sincèrement. 

 

Je présentais un jour un récital de mes chansons dans un foyer de personnes âgées. Durant la pause, il me vint une idée. À mon retour sur scène, je demandai au public déjà un peu fatigué, si certains voulaient m’écrire sur un bout de papier quelques-uns de leurs rêves pour l’année à venir. Á la suite de quoi, je m’engageai à les apporter avec moi en Inde, lors de mon prochain voyage, pour les déposer dans le Gange, fleuve sacré de ce pays, au cours d’une cérémonie sacrée appelée la Aarti. J’insistai sur le fait que le Gange allait se charger de matérialiser la plupart de leurs rêves durant l’année qui allait passer. Je me disais que, vu leur état de fatigue et leur âge, ils avaient tous entre 85 et 100 ans, ­ je n’aurais que peu de réponses à ma proposition un peu farfelue ! Mais à ma grande surprise, la plupart se précipitèrent vers les feuillets que j’avais mis à leur disposition à l’entrée de la salle pour y écrire leurs rêves. Ce que j’y ai lu, à mon retour chez moi, m’a abasourdi ! Même à cet âge avancé, plusieurs avaient encore de très grands rêves à réaliser : trouver l’âme sœur, déménager dans une maison, se réconcilier avec quelqu’un, obtenir des guérisons miraculeuses, etc. Quelle leçon ce fut pour moi de constater que le rêve n’a pas d’âge et que seule la conviction que tout reste possible peut faire naître en nous des buts nouveaux et cela jusqu’à notre dernier souffle!

 

Le futur est le fruit des pensées et des actions du présent. On lance tout bonnement une idée dans le cosmos et celle-ci va se projeter automatiquement dans le futur, dans un espace et un temps propices. Tout se met alors en place, dans le positif comme dans le négatif évidemment. Le reste ne nous appartient plus et, dès lors, il est inutile de chercher à savoir quand, comment et où tout ça va se réaliser. Aussitôt que la pensée est lancée, il faut remettre le dossier à la vie qui se chargera des détails. Car si on reste aux commandes, des scénarios limitatifs pourront prendre forme en nous et des peurs de toutes sortes apparaîtront, ce qui bloquera la roue, du moins pour un certain temps. Suivez ce conseil d’un vieux loup de mer : « Ne vous privez jamais de rêver et faites confiance à la vie pour tout ce qui concerne la réalisation de vos rêves ! »

André Harvey