Comme vous savez, ça fait huit ans que je vis bien seule. J’ai mes enfants, quand même une semaine sur deux, qui m’accompagnent. Là, ils sont partis deux semaines en vacances avec leur père. Je me retrouve avec du temps de surplus pour moi.

Je me suis inscrite sur un nouveau site de rencontre : Bumble. C’est comme un Tinder amélioré. Tu sauves du temps dans le processus de sélection des candidats car en plus des photos, il y a une place pour  y mettre de l’information. On peut voir la grandeur, s’il veut des enfants, son signe astrologique, s’il fume. La faiblesse de ce site, c’est le volume des candidatures. Tinder est plus fort à ce niveau mais il triche dans les paramètres. Même si je demande un réseau de 30 kilomètres de distance, il en apparaît de beaucoup plus loin que demandé.

En résumé, je me dis que c’est gratuit et que je peux en faire de mon salon. La tendance se maintient au niveau des expériences des affinités encourues. Les gars attendent que les femmes fassent les premiers pas. Moi? Non! Un homme qui ne s’assume pas dans son approche n’a pas ma considération. Je laisse 48 heures pour me contacter. Par contre, si c’est moi qui a l’affinité en deuxième, là oui, je fais un petit coucou parce qu’il m’a choisie en premier. Au bout de ça, cela use ma patience et je suis saturée.

Sur Bumble, les femmes sont obligées d’ouvrir la conversation. Ça n’a pas été soutenu et elles se sont désactivées… Donc, je ne parle pas à personne finalement, et dans les cinq affinités que j’ai sur les deux sites. Je suis rendue bientôt à les effacer pour niaisage de gars qui n’ont pas le temps d’avoir une conversation soutenue. Qu’est-ce qu’ils foutent là, inscrits sur les sites de rencontres?

Les vacances…

Pour en revenir au temps pour soi, comment on l’occupe? Moi, dans mon cas, j’ai créé le projet parfait pour m’occuper et pour que je sois heureuse : ma revue. J’ai eu le temps de régler des problèmes, d’avancer des dossiers, de placer des pions, de préciser la création. Pendant que mes vidéos téléchargent sur Youtube, je couds en écoutant la télé. Des personnages inspirants qui m’aident à approfondir certaines vérités et qui cultivent ma sagesse.

Je dors le matin, je lis. Je fais des clients, du ménage. Je m’occupe des animaux. La petite vie tranquille quoi. Je me permets de suivre mon rythme et mes envies. Et dans mes tops favoris : j’aime beaucoup avoir la paix… C’est mon passe-temps préféré.

Et là, je cogite, réfléchis sur la vie, des inspirations pour mes chroniques. Et voici le contenu de celle-ci : je veux faire des activités et j’habite en région. Quelles sont les possibilités?

– Aller jouer au golf. Tu ne vois personne pendant que tu joues. À la fin, le monde rentre chez eux. Pour les quelques-uns qui restent au bar, tu vois que les femmes restent ensemble, les hommes de l’autre bord. Les mariés et les célibataires sont mélangés. Ils se démarquent quand les amis font des remarques et rient pour essayer de te matcher. Souvent, un désespéré qui n’est pas de ton genre. Il reste le moins formel : dans une place où ce n’est que pour driver des balles, et le mini-putt seule, pas trop. Bref, ça te coûte et les probabilités de rencontrer sont quasi nulles.

– Faire la descente d’une rivière en canot : super activité mais qui se fait mieux à deux. Disons qu’on troque le canot pour un kayak. J’ai vu bien du monde sur la rivière mais pas le célibataire parfait. On le fait plus pour avoir un moment de qualité avec la nature. Frais de location de l’embarquement et tu y vas dans les heures de l’entreprise.

– Aller prendre une bière sur une terrasse à Saint-Sauveur. Ça te prend une complice ici pour justifier le pourquoi tu es sur une terrasse. Au mieux, tomber sur une gang de touristes. Bref, ça ne donne pas grand chose à part une facture pour les deux verres et l’assiette de natchos. Y aller seule et avoir le nez dans un journal ou sur mon cellulaire, ce n’est pas très gagnant.

– Aller dans une exposition quelconque. Il y en a des gratuites, d’autres non. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’excitant dans ce genre d’environnement, et j’en ai fait beaucoup des salons.

– Aller voir les spectacles culturels des municipalités. Ça reste l’énergie des bains de foules polluées. Puis, d’y aller seule, entourée de potteux… Faut aimer le groupe musical.

– Aller à la piscine municipale. Déjà, de les voir marcher nus pieds dans une place publique, ils sont éliminés d’office avant même de savoir s’ils sont grands. De les étudier comment ils se comportent avec leurs enfants. Niveau prestige, on pourra repasser.

– Au cinéma. Il n’y a personne qui se sont rencontrés parce qu’ils étaient dans la même salle pendant un film. Par contre, c’est la plus facile des activités à faire seule.

– Visiter ailleurs : ça prend du budget. Et le type de rencontre est soit une personne d’un pays lointain qui voyage seule et que tu ne reverras jamais par la suite, soit une personne de la même province qui est libre sur place mais que sa conjointe l’attend à la maison. À moins d’aller dans une place spécialisée pour célibataires, qui finit plus souvent en orgie qu’en relation.

– Faire du vélo, même dans un groupe. Pédaler à 33 degrés et avaler plein de mouches, respirer l’essence à auto en faisant du sport. Non merci.

– Sortir danser. Celui-là, c’est le plus fun. Déjà de trouver une place avec de la bonne musique c’est une chose, mais moi je n’ai pas d’amis, ni même de famille qui veulent sortir. Je sors seule mais à toutes les fois, j’ai des tarés qui me collent dessus et j’ai l’air vraiment d’une conne danser seule toute la soirée. Plus les frais. Côté fréquence, on y repassera.

Que ce soit le magasinage, le dorlotage, les allées de quilles, les places à billard, les casses-croûtes, les séminaires de motivation… Faudrait se tenir à côté des chaloupes de pêche et des pistes de motocross pour trouver du mec. Et encore là, ça vaut ce que ça vaut. Dès qu’on veut bouger, c’est de casquer de l’argent, pour des résultats décevants la plupart du temps.

J’aime mieux rester chez nous, ne pas dépenser, développer mes talents, m’accomplir, choisir ma compagnie et les fréquences que je consomme, utiliser mon masturbateur à pile et jouir de la vie.

Julie L.