Entre paix fragile, voisins imprévisibles et démarches juridiques

Je dois l’avouer : je suis assez contente ces temps-ci. Le logement du haut — celui qui était moisi, abîmé, et qui sentait l’urine de chien — a finalement trouvé preneur. Et même si la situation n’est pas idéale, elle est au moins… vivable.

L’homme qui l’a loué est seul. Immigré d’Haïti. Il travaille de nuit. Il n’a pas de voiture (nous avons une pause du problème de stationnement temporairement). Et surtout, il a une attitude respectueuse, ce qui change tout. Oui, il arrive encore qu’un voisin me réveille — c’est le lot d’habiter dans un sixplex — mais il y a une différence énorme entre un voisin qui se fout de toi et un voisin qui t’écoute.

Parce que soyons honnêtes : il y a une différence vibratoire entre dire à un Québécois que son chien jappe sans arrêt et se faire envoyer promener, comparativement à mentionner à un Haïtien que ses discussions animées à 4 h 30 du matin ne sont pas aussi confidentielles qu’il le croit… et le voir s’excuser sincèrement, promettre de faire attention, et tenir parole.

Ça, c’est précieux.

On voit bien que le logement est trop grand pour lui, et probablement trop cher aussi. Ça sent l’arrivée de colocataires un jour ou l’autre. Mais pour l’instant, j’ai une paix relative, et je la prends. Je la savoure même.

Le dossier juridique : une étape franchie, une autre qui commence

Le processus avec l’avocate est simple… mais long. Le propriétaire n’a absolument rien fait à la suite de la mise en demeure. Rien. Silence total.

Cette étape a duré un mois pour rien :

  • le temps qu’elle la rédige;
  • que je l’approuve;
  • qu’elle corrige;
  • que je réapprouve;
  • qu’elle l’envoie;
  • qu’on attende;
  • qu’on arrive dans la période des Fêtes;
  • qu’elle soit probablement en congé;
  • qu’on perde une semaine de plus;
  • et qu’elle revienne finalement avec la demande officielle.

Bref, un mois de vide administratif.

Mais au moins, c’est fait : elle a déposé une demande d’audience au Tribunal administratif du logement (TAL).

Pendant ce temps, des entrepreneurs sont venus dans les appartements libres pour les relouer rapidement — oui, le caniche blanc qui jappait sans arrêt est parti, alléluia —, mais personne n’est venu régler les problèmes des locataires de l’immeuble, qui figurent dans le recours collectif.

Pas un. Pas une visite. Pas un geste.

Comme si la mise en demeure n’avait jamais existé.

Retour à l’attente… mais avec un avantage.

Alors on revient dans la position d’attente. Mais cette fois, je suis moins dans l’action.

Pourquoi?

Parce que je n’ai pas eu à remplir moi-même le document du TAL. Je suis capable de le faire — je l’ai fait plusieurs fois pour mon propriétaire — mais c’est un soulagement de ne pas avoir à porter ça toute seule.

Et surtout : maintenant, il sait que j’ai une avocate.

Et ça, ça change la dynamique.

Il a déjà essayé de m’en passer une vite. Il a déjà tenté de jouer avec les règles, les délais, les zones grises. Mais là, il sait qu’il ne peut plus improviser. Qu’il ne peut plus manipuler. Qu’il ne peut plus me coincer comme avant.

Ça ne règle pas tout, mais ça protège. Et ça, c’est énorme.

Pendant ce temps, dans le sixplex…

Le voisin du haut est respectueux. Le caniche blanc est parti. Les autres locataires attendent, comme moi. Et le propriétaire continue de prioriser les logements vides plutôt que les logements habités.

Classique.

Malgré tout, je sens un léger déplacement dans l’énergie. Une sorte de respiration. Un espace qui se rouvre.

En conclusion : patience, stratégie et petites victoires

Cette chronique n’est pas un cri du cœur. C’est un état des lieux. Un point de repère. Une trace de mon parcours dans ce labyrinthe administratif et humain.

Je ne suis pas naïve. Je sais que ce n’est pas terminé. Je sais que d’autres étapes s’en viennent. Je sais que le TAL, c’est long. Je sais que le propriétaire va tenter de sauver les meubles. Je sais que les locataires ne seront pas tous au rendez-vous.

Mais je sais aussi que je suis sur la bonne voie. Que j’ai fait ce que j’avais à faire. Que je suis accompagnée. Que je suis protégée. Et que je suis capable.

Alors j’attends. Je respire. Je reste vigilante. Et je vous tiendrai au courant de la suite.

À suivre…

Julie L.

 

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