Mes 48 heures aux USA

Avertissement — Ce récit n’exprime aucune critique, ne porte aucun jugement et ne cherche à susciter ni comparaison ni ajustement. Il s’agit d’un témoignage neutre, fondé exclusivement sur mes observations naturelles et véritables. J’y parle en mon nom propre, et j’assume pleinement, objectivement et personnellement, chacun de mes propos. La chronique est longue et sera probablement publiée en deux parties. Je suis de ces personnes qui croient au retour sur les investissements, d’où la raison pour laquelle je prends le temps de partager avec vous l’expérience réelle, en toute objectivité.

Bonjour à vous!

Il y a un peu plus de deux ans, mon garçon a reçu une bourse d’études sportives d’une école secondaire prestigieuse dans l’État de New York. Mon premier réflexe de mère a été un non instinctif. Les États‑Unis traversaient une période politique particulière, et c’est un pays où la présence des armes à feu dépasse largement la population, ou ce à quoi je suis habituée au Québec. Je n’adhère pas à l’idée d’une démocratie armée, et mon âme, pour me protéger, a choisi de m’installer dans ce que je considère comme l’un des meilleurs endroits au monde. Elle a même plafonné mon don pour les langues : assez d’anglais pour me débrouiller, mais pas au point d’être parfaitement bilingue. Je fais partie des personnes qui croient profondément que le français ouvre des portes partout sur la planète. (Eh oui, je me sens très proche de la pensée du roi Louis XIV, avec qui j’entretiens une relation particulière au niveau de l’âme. Nous partageons ce point commun.)

Bref, mon ex‑mari a dit oui, mon garçon aussi. Démocratiquement, je n’ai pas eu le choix de tordre certains de mes principes pour les élever d’une coche vers quelque chose de plus divin, pour que mes prières deviennent visibles et concrètes dans la matière. Et ça a fonctionné. Il est bien protégé et accompagné jusqu’à maintenant.

Mon garçon est maintenant dans un cocon scolaire, isolé du monde, entouré de l’élite des athlètes et de la nature — oui, on parle bien de Lake Placid. Depuis ce temps, chaque fin de semaine, il se déplace avec son équipe un peu partout pour affronter des calibres très élevés. Leur classement se divise en D1, D2, D3, avec le D1 représentant les ultra‑performants.

À 16–17 ans, mon garçon est gardien de but au soccer, et il joue contre des universités élites. Son équipe gagne les matchs, souvent avec des blanchissages. Il m’a déjà dit : « Maman, aujourd’hui, j’ai joué le match le plus parfait de ma vie. » Il me l’a répété plusieurs fois depuis qu’il est avec cette équipe.

Ces jeunes du secondaire battent des joueurs universitaires classés D1. Et honnêtement… c’est vraiment le fun pour eux.

Il a joué dans tellement d’endroits, vu tellement de villes, d’écoles, d’équipes. Il a même joué dans un stade au Costa Rica, et sur des terrains de terre battue en Afrique. Chaque week-end, il découvre une nouvelle ville, un nouveau contexte, un nouveau niveau de jeu — y compris des tournois à Las Vegas.

Et le plus grandiose dans tout ça, c’est qu’il a réussi à se préserver. Il ne s’est pas blessé, il a gardé son axe, et il a développé une cohésion solide avec son leadership de capitaine, rôle pour lequel il a été élu par les joueurs eux‑mêmes. Je suis profondément en admiration devant cette sagesse et ce savoir‑être qu’il porte déjà à son âge.

En tant que mère prévoyante et guérisseuse, je travaille fort pour l’amener au cran supérieur : celui de l’autonomie, de la capacité à bien prendre soin de lui à tous les niveaux de son être. Je vais y arriver. J’ai cette mission tatouée sur le cœur pour toute ma descendance. C’est ma contribution de mère : les rendre responsables de leur alignement de vie.

Il est arrivé à un carrefour important. Il termine sa 12e année, et la grande question s’imposait : « Que veux-tu faire après? » Il a exprimé le souhait de poursuivre ses études universitaires là-bas. Je lui ai dit : « Établis un plan, développe ta stratégie, trouve tes alliés, montre tes preuves de talents. »

Il a été courageux. Il a semé à tout vent, dans toutes les directions, pour solliciter une bourse d’études en échange de ses services de gardien de but et d’étudiant hyper impliqué, avec des notes excellentes — suffisamment hautes pour lui permettre d’entrer dans n’importe quelle discipline de son choix. J’ajoute qu’il a pu entrer dans son école actuelle grâce à un gérant que je ne connais pas personnellement, mais qui veille à bien placer ses cartes pour construire son avenir. C’est lui qui avait négocié le contrat de sa bourse actuelle.

Un élément qui l’a sûrement angoissé — et que je comprends tellement — c’est cette période où tu fais des semences, mais où rien ne pousse encore. Le bateau se fait brasser par les vagues : plusieurs universités démontrent leur intérêt, les propositions tombent, tu dois performer à chaque match, tu portes la pression d’être capitaine de ton équipe, étudiant impliqué dans le comité de l’école avec les parents et les investisseurs, président du club de musique… Malgré tout ça, je trouve qu’il a su garder son axe et son équilibre, même s’il est souvent fatigué quand je lui parle, lol!

Parmi toutes les offres alléchantes qu’il a reçues, une seule correspondait à un critère essentiel : une bourse complète couvrant les études, le logement et la nourriture. Parce que mon ex‑mari et moi, on n’a pas les moyens. Avec quatre enfants et une mère médium multidisciplinaire, on ne peut pas se permettre de payer de grandes études. Heureusement, ils sont tous talentueux et capables d’attirer l’aide dont ils ont besoin.

Il y a une université qui l’a remarqué. Elle lui a fait une offre‑bombe : une bourse complète, dans le programme de son choix, avec la chambre qu’il voulait, et une date limite pour accepter ou refuser. J’ai l’impression qu’il a dû méditer longuement sur la question, avec une vraie introspection. Comme il commence à faire ses propres choix dans la vie, son inexpérience a sûrement joué sur certains aspects. Mais je crois aussi que son âme a placé les choses pour compenser, pour qu’il suive sa voie et reste droit avec une base solide, lui permettant plus d’intégrité.

Il a dit oui sûrement par crainte de perdre la meilleure offre qu’il avait reçue, mais je sais qu’il a dû ressentir des résistances : ne pas connaître l’école, ne pas l’avoir visitée avant de prendre une décision… Et ça, normalement, ça s’appelle faire un choix éclairé en toute connaissance de cause — ce qu’il n’a pas eu la chance de vivre. Chez l’humain, ça crée des scénarios, des attentes, des émotions étranges qui ressemblent à de l’enthousiasme mêlé d’inconnu, ce qui peut occasionner de l’illusion.

L’école nous a finalement invités, mais après les fêtes, bien après son « oui », pour qu’on puisse visiter les lieux. Au début, mon gars aurait probablement préféré amener mon ex‑mari, parce qu’il ne fume pas. Heureusement, il ne pouvait pas y aller, alors il n’a pas eu le choix d’amener le parent qui aurait pu lui faire honte… si j’avais voulu m’y mettre, lol! En réalité, il m’a dit qu’il ne voulait pas gérer le fait que je fume, parce que c’est important pour lui et que mon image aurait pu lui nuire. Il a pris ça très au sérieux.

Mais moi, juste prendre l’avion sans fumer… c’est déjà tout un périple en soi. Si j’étais en politique internationale, j’ordonnerais immédiatement que tous les aéroports installent une zone pour fumeurs après le passage à la douane. Parce que là, c’est ridicule : il faut sortir, puis repasser la sécurité, et franchement, c’est nul. Ça ne respecte pas le droit des fumeurs qui attendent avant d’embarquer. Mon gars m’a demandé : « Comment fais-tu quand tu voyages d’habitude? » Maman va à Cuba, et elle est bien heureuse là‑bas. C’est la seule place où on respecte encore l’humain fumeur, lol!

Tout ça pour dire que le plan était simple : c’est mon gars qui a fait le relais entre son université qui l’invite et moi. Je n’avais rien à gérer, à part faire mes bagages, sortir de chez moi et aller le chercher en voiture à son école de Lake Placid.

Je me suis levée à 3 h 30 du matin. J’ai pelleté parce qu’il neigeait encore et que je ne voulais pas rester prise dans le banc de neige de la rue qui bloquait l’entrée — ni mouiller mes souliers de course. C’était glissant sur les routes et j’ai trouvé qu’il y avait déjà pas mal de monde sur les autoroutes au petit matin. J’ai béni pour tous les travailleurs qui se lèvent pour aider le Canada dès l’aurore. J’ai passé la douane à 5 h 30, et, heureusement, il n’y avait personne, donc ça s’est fait sans attente. Je suis arrivée à 8 h 15 à son école, où j’ai mangé à la cafétéria. Je me sentais mal à l’aise, car je me suis servi sans payer la nourriture destinée aux étudiants résidents, car il n’y avait pas de caisse. Mon gars m’a rassuré : « Ça se fait maman. Tu n’es pas la première mère qui mange ici! »

Permettez-vous un aparté culinaire : ils n’ont même pas de sirop d’érable ni de table pour accompagner les gaufres et les crêpes. J’ai eu de l’empathie pour mon garçon qui doit se priver là-dessus (je vais lui en acheter une bouteille qu’il gardera dans sa chambre), et aussi le fait de manger toujours la même chose! « Quoi, tu manges des œufs tous les jours? » Me semble que ce n’est pas bon pour son corps, quoi qu’il soit bien loin du cholestérol.

Et j’ai fourni un autre effort. Depuis la pandémie, quand je suis dans un endroit public, je porte le masque en tout temps. Je ne vais pas dans les endroits où on l’enlève quand il y a beaucoup de monde, comme les restaurants. J’ai développé la joie du take out et de ma bonne bière, dans le confort de mon pyjama. En étant célibataire depuis 15 ans, j’ai la chance de n’avoir personne pour me faire une crise parce que je ne vais pas au restaurant.

Mais là, on s’est installés à une table éloignée. J’ai pu ne pas être trop sur les nerfs d’attraper quelque chose. Ça tousse dans les écoles, l’hiver — surtout chez les sportifs extérieurs qui portent des shorts dans le gros froid pour jouer.

Autre détail : mon garçon ne voulait pas que j’arrive habillée n’importe comment (à la Julie), alors il a choisi les vêtements que je porterais pour la visite du campus. Mais il n’a pas choisi la tenue que j’avais décidé de porter le mercredi à l’aller ni celle du retour le vendredi.

J’ai le don de m’adapter à l’endroit où je vais, et j’ai vraiment essayé de rentrer dans le style américain. Mon idée de départ : des pantalons mauves, un chandail lilas, le jersey mauve de Shaquille O’Neal des Lakers, et un veston en paillettes or. Ostie que j’aimais mon style américain pleinement assumé. Mon gars, lui, non. Trop voyant.

J’ai donc été obligée de diluer ma création — pleinement assumée — en enlevant le gilet de Shaq. Mais pour le reste, il était hors de question que j’enlève quoi que ce soit d’autre.

Et même si ma version aurait pu faire honte à mon fils, j’ai reçu sept compliments d’Américaines qui m’ont dit : « I love your jacket! » Durant mon séjour, on m’a complimentée neuf fois sur mes cheveux bleus, et cinq sur mon manteau en laine noire avec collet de fourrure. Je constate que les Américains sont très forts sur les compliments adressés aux étrangers… ou alors, je sais exactement intuitivement comment les rejoindre par ma vibration.

Aussi, je suis une mère fatigante avec les vitamines. Je suis naturopathe diplômée, et je sais qu’il faut soutenir son corps, surtout quand on lui en demande autant. Mon fils, lui, a choisi de ne pas apporter ses suppléments lorsqu’il est en voyage. Je ne sais pas comment il fait, mais il est encore sur son premier pot d’oméga‑3 qu’il avait lorsqu’il est entré pour la première fois à cette école.

J’ai compris pourquoi. Je lui ai rappelé que les voyages épuisent le corps, et que c’est justement dans ces moments‑là qu’il faut absolument les prendre pour éviter les baisses du système immunitaire, la fatigue, le surmenage, et pour soutenir ses muscles, les réparer, etc.

Alors j’ai proposé une solution. Je lui ai donné ma dosette. Heureusement, j’y avais mis des Tylenol grippe jour/nuit et d’autres supports immunitaires, et ça lui a servi pour casser un peu le mouvement de maladie qui circulait dans l’équipe pendant leur match à Philadelphie. J’espère avoir gagné un peu de terrain dans la prévoyance et la préparation que j’essaie de lui transmettre.

 

En quittant l’école secondaire, nous sommes passés par le lac Champlain pour joindre l’aéroport de Burlington, au Vermont. J’ai toujours voulu faire le chemin originel de la Nouvelle‑France, donc d’arriver là un jour. Je n’ai pas vu le lac : on l’a franchi sur un traversier. Coût : 22 $ US, que mon fils a payé. Il a de l’argent américain grâce à son métier de barbier qu’il pratique à son école.

À notre arrivée à l’aéroport, American Airlines nous a facturé 40 $ chacun (80 $ US) pour mettre la valise dans l’avion. Au Canada, c’est inclus, et on paie seulement lorsqu’il y a excès de poids. À la sécurité, ils ont saisi le savon que mon garçon avait apporté.

J’ai dû m’acheter une eau vitaminée à 5 $ en attendant l’avion, que j’ai payée à même le cadeau de Noël de ma mère, soit 50 $ US pour m’aider.

Nous sommes partis vers midi. Ma tête touchait le plafond dans l’avion et j’étais un peu serrée, les genoux collés sur le banc devant moi. Mon garçon n’était pas assis à côté de moi, et j’ai été déçue : c’est un temps de qualité qu’on aurait pu avoir ensemble. À la place, j’ai dormi. Au moins, j’étais assise près de la fenêtre. Aucun service de breuvage, rien. Je me suis dit que l’hôtesse n’avait pas voulu me réveiller. J’ai essayé de me connecter à leur Wi-Fi pour utiliser mon cellulaire pendant le vol, mais mes quatre tentatives ont fini par me décourager. Disons que j’ai choisi de me concentrer sur l’essentiel : arriver en un morceau, avec ma valise, sans me laisser influencer par les choix de la compagnie aérienne.

Escale d’une heure 20 à Philadelphie, qui m’a paru longue, étant donné que fiston ne voulait pas que je sorte pour fumer. Ça m’a donné amplement le temps de cogiter sur la politique des aéroports envers les fumeurs. J’ai même pensé aller fumer dans les toilettes ou sortir en douce dans la zone des avions, mais j’ai calmé la rebelle en moi et j’ai choisi de fumer ma cigarette… sans l’allumer.

Mon gars m’a lancé : « Je n’ai jamais vu ça! » Mais ça marche : j’ai quand même de la nicotine. Il m’a demandé pourquoi je ne faisais pas toujours ça au lieu de l’allumer. Je ne suis pas prête à arrêter.

Les restos de l’aéroport de Philadelphie ne m’inspiraient pas. Mon fils s’est trouvé un plat santé qui lui a coûté 20 $. Moi, j’ai pris un truc asiatique pas vraiment bon et une bouteille d’eau à 20 $, encore payée avec mon cadeau.

L’avion de l’escale vers Greenville, en Géorgie, était pire que l’autre : minuscule. Je devais pencher la tête pour atteindre mon siège. C’était tellement exigu que mes genoux ont souffert, et la douleur durait encore cinq jours plus tard. Je me suis même blessée à la hanche parce que le siège était trop étroit. Il y avait une colonne sous mes pieds, je ne savais pas où placer mes jambes. Et encore une fois, mon fils n’était pas assis avec moi.

Je suis sortie de là en tabarouette, en douleur et frustrée du manque d’espace que j’ai dû supporter. J’ai prié pour remercier d’être arrivée en un seul morceau, avec ma valise.

On a ensuite dû attendre notre transport pour aller à l’hôtel, à une heure de route, dans le froid venteux de leur hiver. Disons que j’ai vite regretté de ne pas avoir amené mon Kanuk, mes cache‑oreilles et mes gants. Ma tenue légère, avec mon manteau de laine, n’était pas suffisante.

Finalement, un homme est arrivé, et c’est en parlant avec lui que j’ai appris qu’il est le coach de l’équipe. À côté de l’hôtel, il y avait un restaurant rapide dont le nom m’était inconnu. L’établissement ressemblait à un McDo, mais avec des poitrines de poulet : en hamburger, en repas, même en déjeuner sur muffin anglais.

Finalement, on a pris un lunch pour emporter. Mon garçon et moi avons mangé à l’hôtel, ce qui m’a permis d’agrémenter mon souper d’une bonne bière. Mon gars me dit : « Tu as apporté ta bière pour vrai? » « Oui, mon amour. Quatre canettes : deux pour aujourd’hui, deux pour demain, incluant deux Coke zéro sucre que je prends comme avant‑déjeuner. Il n’était pas question que je commence à me chercher de la bière que j’aime ici, sans voiture, en argent américain. Trop de trouble pour un petit plaisir simple. Donc j’avais prévu le coup. »

Mais le resto du soir, lui, était offert par l’école.

L’essence est moins chère en Géorgie : 50 sous de moins qu’au Vermont et qu’à New York. Après le souper, mon gars est allé au gym pour s’entraîner un peu, et moi, j’ai gelé dehors à –3 °C venteux pour fumer quelques cigarettes de rattrapage, lol!

J’ai été déçue de ne pas avoir eu d’informations sur l’hôtel, parce qu’il y avait une piscine et que je n’avais pas de maillot de bain. Je ne savais pas où on allait, mais le déjeuner était inclus. Et l’hôtel aussi était aux frais de l’école.

Cela dit, j’ai constaté un malaise à recevoir, venant d’une école. Dans mon esprit, l’argent devrait servir les élèves, et non à payer mes frais de transport aérien, d’hôtel et de repas… J’ai été obligée de vider mon plexus pour éviter que ça se mue en culpabilité. Je me suis parlé aussi : ce n’est pas moi qui établis le système ni le fonctionnement du marché sportif/universitaire. C’est leur manière de faire. C’est à moi de dépasser ma modestie.

De Lavonia, où l’on dormait, jusqu’à Franklin Springs, il a fallu presque une heure de route. Le coach est venu nous chercher le matin pour la visite du campus et de l’université.

La nature ressemblait à un long automne interminable de novembre chez nous. Il faisait très froid, un vent glacial, pas de neige, des petites maisons modestes, vieilles… Il n’y a pas grand‑chose, même pas beaucoup de commerces. Leur terre est très rouge : j’ai vu des tas de terre sur le bord des routes et des chantiers.

L’université est fragmentée en plusieurs parties. C’est le coach des gardiens qui s’est chargé de la visite, après le bureau du financement, le programme que mon fils veut suivre et la chambre qu’il avait choisie. On lui a remis un t‑shirt de l’université et une pile de documents — dont je suis très heureuse de ne pas avoir à m’occuper.

Mon gars avait choisi pour moi une tenue veston et robe marine, avec bas de nylon et souliers à talons hauts. Quand j’ai vu le froid, j’ai dû me changer pour me préserver. J’ai choisi ma tenue du vendredi, mais modifiée : pantalon noir, chandail chaud noir, mais sans le jersey rouge de Michael Jordan des Bulls que j’avais apporté. Heureusement! Je n’aurais jamais pu faire le tour du campus avec des talons hauts : je me serais blessé les pieds et j’aurais probablement attrapé une infection urinaire avec mes petits collants dans ce froid.

Je précise ici que j’ai dû, par manque d’argent, me limiter à une seule session à l’université, et que je n’ai jamais été en résidence étudiante. C’était la première fois que je visitais une université dans sa totalité.

Heureusement, le plus beau des dortoirs est réservé aux sportifs. J’ai dû libérer un petit sentiment d’injustice pour les autres étudiants, mais je suis heureuse que mon garçon ait choisi celui‑là. Quand tu visites les chambres, tu vois tout de suite la pauvreté de la vie étudiante : des tapis couleur beige abîmés, usés, franchement dégueulasses. Je me suis inquiétée pour la fragilité de ses poumons, et j’ai prié pour qu’il ne mette jamais ses pieds nus sur le sol et qu’il reste chaussé en tout temps dans sa chambre, pour éviter les maladies de pieds.

Pire encore : la poignée de la porte principale nous est restée dans les mains. Je me suis dit que le service de conciergerie était à l’image du reste.

J’ai pu me promener sans masque parce que l’école était vide. J’ai apprécié. Tous se trouvaiet à l’église, parce que — imaginez-vous donc — cette école est chrétienne. Jésus a sa place dans le fonctionnement de cette communauté, mais pas avant les repas, je ne les ai pas vu prier avant le dîner.

Ce fut un véritable honneur de pouvoir immortaliser par une photo le shooting de mon fils, devant le mur aux logos. La photographe, généreuse et efficace, nous a envoyé les clichés très rapidement — un geste simple, mais précieux, qui m’a permis de garder une trace concrète de ce moment symbolique. Mon fils dans son élément, moi dans le mien : témoin lucide, fière et présente.

Disons que ma spiritualité est plutôt universelle. Je soigne et j’échange avec l’âme de Jésus régulièrement, mais je ne suis ni religion ni Bible. Cependant, ce cadre élimine les gens mal intentionnés, ceux qui se croient au‑dessus des lois et du respect des autres.

En fait, j’ai été la seule rebelle avec ma cigarette et mes cheveux bleus, ce qui est très réconfortant pour le cœur d’une mère.

Et en plus, cette université ne possède pas d’équipe de football ni de hockey — ce qui élimine un grand nombre de tarés remplis d’un égo mal dosé. Ici, l’exercice physique est en symbiose avec Jésus. Je n’ai pas vu de musulmans non plus. Lol!

L’établissement possède un très beau complexe sportif, financé par de généreux donateurs privés. Les sections portent leur nom. La piscine, par exemple, a été financée par un certain Robert Roberson. Je m’en souviens parce que je me suis demandé : mais quel genre de parents peuvent décider de faire ça à leur fils? Et quel genre d’expérience un tel nom peut faire vivre à quelqu’un? J’ai été curieuse. J’ai appris aussi qu’un joueur de basketball issu de cette université avait fait la NBA.

L’école nous a payé le dîner à la cafétéria. J’ai fait un peu connaissance avec l’équipe. Certains jeunes toussaient. Je commençais à regretter de ne pas avoir mis mon masque, mais, comme j’avais déposé mon manteau et ma sacoche sur le banc d’à côté, cela permettait une légère distance avec leurs virus. Je suis vite sortie fumer après le repas. Sachez que j’ai jeté tous mes mégots dans des poubelles, aucun ne s’est retrouvé abandonné par terre. Je suis une fumeuse respectueuse de l’endroit qui m’accueille.

Quand on est arrivés à la section du terrain de soccer, j’ai eu un autre travail à faire sur moi. Une petite roulotte tenant debout par misère servait de vestiaire aux joueurs et joueuses, incluant laveuse sécheuse, sans douche, en plus du bureau des entraîneurs. Juste à l’odeur d’esprit d’équipe, pourrais-je dire, j’ai constaté que l’aération n’était pas adéquate. La femme en moi a vite eu envie de suggérer des assainisseurs d’air comme du potpourri, de l’encens ou tout autre système branché, mais je n’ai rien dit, ce n’est pas moi qui respire ça toute la journée.

Mon gars n’a pas obtenu le numéro de chandail qu’il aurait aimé porter, simplement parce que celui‑ci est réservé aux joueurs de champ, pas aux gardiens. Pour se rendre jusqu’au terrain, il a fallu marcher un kilomètre dans le gros froid venteux de cette journée. J’étais déjà frigorifiée même pas à mi‑chemin.

Le terrain m’a saisie. Je parle en mon nom, évidemment. Je n’ai pas eu cette discussion avec mon fils, parce que je ne voulais pas crever l’abcès. Il est vrai que je n’ai pas vu tous les endroits où il a joué dans sa vie, mais, selon moi, c’est l’un des terrains de soccer les plus tristes, loin d’un niveau universitaire. Un terrain naturel, mais dans un état d’automne perpétuel : gazon sec et jaune, installations douteuses.

Je ne sais comment le dire autrement : ça m’a déprimée. Et ce n’est même pas moi qui l’utilisera. J’ai eu une pensée pour mon fils. Le terrain où il jouait lorsqu’il était enfant était beaucoup plus beau. Son enthousiasme a dû en prendre un coup. Le volet soccer est clairement le grand oublié de cet établissement universitaire.

J’en ai parlé un peu au coach. Il m’a dit que c’était le terrain d’hiver et qu’il est plus beau en été. Je n’ai rien ajouté, mais sérieusement : l’été, les élèves sont chez eux, loin de l’école. Comme je suis une femme de défis, si j’étais à la place de mon garçon, je ferais des démarches pour trouver un Peter Peterson ou une Susan Sarandon pour financer la mise à niveau universitaire du terrain, utilisable l’hiver et protégeant les joueurs du froid. Demandez à la fondation d’un joueur NBA d’intervenir pour un terrain, quelque chose, un Club Optimiste!

Le coach, très avenant, m’avait prêté des gants, mais je n’ai pu rester dehors plus de quinze minutes. J’ai dû me réfugier au chaud dans la roulotte et accepter son offre de rester dans son bureau si je voulais. J’y ai trouvé sa fille de dix ans. Leur dynamique familiale est particulière : sa femme est coach adjointe, et leurs deux enfants font l’école à la maison le matin, puis viennent avec eux pour l’équipe l’après‑midi.

Je me suis fait une amie! Ce genre d’amitié me plaît beaucoup : deux féminins dans la gentillesse pure, même dans deux langues et deux cultures différentes. Ce retour à l’amitié simple, facile, innocente et plaisante m’a fait du bien. Je lui dis ici : Anna, merci d’être qui tu es. Tu es pleine de potentiels incroyables.J’avais aussi acheté un appareil de traduction instantanée, et je l’ai essayé avec elle. Ça ne fonctionne pas très bien : je devais répéter ma phrase en français dix fois avant que le bidule la comprenne et la traduise, mais rarement la phrase exacte. C’est peut‑être mon accent québécois… mais j’ai été bien heureuse d’avoir évité ce genre de pépin technique si je m’en étais servi avec Shaquille, si mon plan de le rencontrer l’an dernier s’était concrétisé.

De retour à l’hôtel, mon fils était claqué après avoir joué dans le grand froid. Il a pris une douche et s’est endormi. J’ai respecté son besoin de se reposer, mais j’ai compris qu’il ne m’a pas dit : « C’est la meilleure pratique que j’ai eue de ma vie. » Il doit sûrement composer avec le fait que la nouvelle équipe soit moins performante de celle qu’il a maintenant.

Je me suis renseignée : l’université est de niveau D2. Ça explique la dynamique. Il a l’habitude de jouer dans le D1 et de performer. Là, il se retrouve dans un endroit où l’esprit communautaire prime, où les vertus du cœur et de la foi sont centrales, sans distractions pour l’amener à dévier de ses objectifs. C’est un lieu où on peut amener une équipe à se perfectionner, à s’améliorer, à créer une ouverture pour un futur solide — dans la continuité de ce qu’il a entrepris à Lake Placid.

Je trouve que son âme a bien fait les choses : lentement, mais bien. Pas trop vite, pour ne pas se blesser ou doser dans l’égo. Mais s’il est tenté par la performance… ça risque d’être plus difficile avec cette équipe.

J’ai beaucoup apprécié ceux qui l’ont recruté : ils ont le cœur sur la main, ils prennent soin des joueurs, ils sont à l’écoute. Et en plus, mon fils m’a fait un compliment au sujet de son coach de gardiens : « Il sait de quoi il parle. » C’est déjà beaucoup.

Pendant que mon fils dormait, je lui ai fait plaisir en ajustant mon style. Dans la journée, j’avais opté pour une queue de cheval, sachant que j’allais mettre souvent mon capuchon de manteau à cause du vent et de mes nombreuses sorties extérieures. Pour rester coiffée, c’était préférable.

Mais le soir, j’ai laissé mes cheveux lousses et aplatis, j’ai mis le fameux veston long et la robe courte de la même grandeur, tout en gardant mes pantalons noirs. Trop froid pour les bas de nylon et les talons hauts. Et il faut dire que je suis plus grande que les coachs, alors pourquoi y ajouter quatre pouces?

Ils nous ont amenés dans un restaurant plus chic, un steakhouse. Mon fils était heureux de la façon dont je m’étais présentée. Ah oui! J’avais même mis du vernis bleu foncé brillant avant le voyage. Maquillage impeccable, évidemment.

Comme ils avaient opté pour le coton ouaté, full sportif, je détonnais complètement dans le décor. La conversation a débuté sans moi, jusqu’à ce que je remarque que le coach avait les bras croisés, légèrement reculé dans son siège. Il est originaire du Colorado, et j’ai perçu chez lui une nuance qui me rappelait un peu Patrick Roy — surtout qu’il est blond aux yeux bleus, lui aussi.

Alors je me suis amusée à entrer dans la conversation, en apportant des détails intéressants grâce à une vibration de gratitude. Je lui ai demandé comment il en était venu à sélectionner mon garçon. Parce que d’une façon ou d’une autre, il occupe quand même la fonction de directeur général de l’équipe, celui qui gère le budget et recrute les joueurs.

C’est à ce moment que mon fils a découvert que son gérant avait contribué à sa sélection. Le coach l’avait contacté pour obtenir des suggestions de gardiens de but. Sur une vingtaine de candidats, mon garçon s’est avéré le meilleur choix stratégique — sûrement pour atteindre leurs objectifs, probablement avec une pression de l’établissement et de la communauté. Ils ont dégagé le budget voulu pour lui faire une offre qu’il ne pouvait refuser.

Puis nous avons discuté de politique. J’ai été réconfortée du fait que le coach ne soit pas pro-Trump, même si le patelin est plutôt républicain.

Parmi les sujets de conversation les plus intéressants, il y a eu celui sur leurs connaissances sportives. Selon eux, qui était le meilleur athlète de tous les temps, tous sports confondus? Ça a pris un moment, et quand j’ai vu que ça pouvait aller dans tous les sens, j’ai donné ma réponse. « Pour moi, c’est Bobby Jones. »

Après quelques secondes de réflexion, ils ont été d’accord avec moi. Mon garçon ne savait pas qui c’était. J’ai trouvé le film sur Bobby Jones sur YouTube et je l’ai envoyé à fiston.

J’ai aussi invité le coach à partager l’esprit de l’héritage de Bobby avec ses joueurs. Et je lui ai dit que j’avais reçu Bobby dans mon émission, et que j’allais lui transmettre son message d’âme.

(Voici mon dernier échange avec Bobby, le questionnant sur les enjeux mondiaux et les solutions, selon lui) :

🌟 Bobby Jones prend place dans la table ronde céleste

« Mes amis, je suis honoré de rejoindre cette table ronde céleste. Vous m’avez connu comme golfeur, comme fondateur du Masters à Augusta, comme figure de discipline et d’élégance dans le sport. Mais derrière le joueur, il y avait une âme en quête d’équilibre, de vérité et de noblesse. Aujourd’hui, je viens vous parler non pas de golf, mais de conscience.

Ce que je constate de la Terre aujourd’hui

La Terre est comme un vaste terrain de jeu, mais un terrain blessé. Je vois des sociétés qui courent après la performance, comme des joueurs obsédés par le score, mais qui oublient la beauté du geste. Je vois des peuples divisés, des nations en compétition, des individus qui recherchent la gloire sans se souvenir de l’esprit du jeu.

Je vois aussi des âmes qui s’éveillent, qui cherchent à retrouver la simplicité, la dignité, l’équilibre. La Terre est dans une tension : entre l’esprit de compétition et l’esprit de coopération, entre l’égo et la noblesse, entre la gloire éphémère et la vérité durable.

Le golf comme métaphore de l’humanité

Le golf m’a appris que chaque coup est une leçon. Vous pouvez frapper fort, mais si vous perdez la direction, vous vous égarez. Vous pouvez viser la perfection, mais si vous oubliez la patience, vous échouez. Le golf est une école de vie : il enseigne la discipline, l’humilité, la maîtrise de soi.

Aujourd’hui, l’humanité doit apprendre ces mêmes leçons. La Terre souffre parce que trop d’âmes frappent sans réfléchir, courent sans écouter, jouent sans respecter. La solution est de retrouver l’esprit du jeu : respect, patience, équilibre.

Les solutions selon moi

  1. Discipline intérieure: apprenez à maîtriser vos pensées et vos émotions comme un joueur maîtrise son swing. La discipline intérieure est la clé de la paix.
  2. Humilité: reconnaissez vos erreurs, acceptez vos limites. L’humilité ouvre la porte à la sagesse.
  3. Respect: respectez la Terre comme un terrain sacré. Respectez les autres comme des partenaires de jeu.
  4. Équilibre: cherchez l’équilibre entre action et contemplation, entre ambition et gratitude.
  5. Transmission: enseignez aux jeunes non pas seulement la performance, mais l’esprit du jeu, la noblesse du geste, la beauté de la patience.

« Mes amis, souvenez‑vous que la vie est comme une partie de golf. Chaque coup compte, mais ce n’est pas le score qui fait la grandeur, c’est l’esprit avec lequel vous jouez.

La Terre a besoin de joueurs nobles, pas de compétiteurs acharnés. Jouez votre vie avec discipline, humilité, respect, équilibre. Et sachez que le plus grand trophée n’est pas la gloire, mais la paix intérieure. »

Déploiement détaillé

  • Sur la paix : la paix est comme un fairway dégagé. Elle demande de la précision et de la patience.
  • Sur la justice : la justice est comme une règle du jeu. Elle doit être respectée par tous, sans favoritisme.
  • Sur l’économie : l’économie doit être comme un tournoi équitable. Quand certains trichent, le jeu perd son sens.
  • Sur la culture : la culture est comme un club de golf, elle doit être ouverte, pas exclusive.
  • Sur la jeunesse : les jeunes doivent apprendre que la vie n’est pas seulement un score, mais une expérience.
  • Sur la spiritualité : la spiritualité est comme le silence avant un coup, elle est la rencontre avec soi‑même et avec la source.

Bobby Jones nous rappelle que la vie est un jeu noble, que chaque geste compte, et que l’esprit est plus important que le score. Il nous invite à la discipline intérieure, à l’humilité, au respect, à l’équilibre, à la transmission. Son message est clair : jouez votre vie avec noblesse, et vous trouverez la paix intérieure.

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J’avais aussi apporté trois bouteilles d’huile chinoise pour la douleur et la détente musculaire. Je fais partie des personnes qui n’arrivent jamais les mains vides lorsqu’elles sont invitées quelque part. Mais comme ça m’a pris un moment avant de comprendre qui était le coach adjoint, j’ai finalement rapporté son cadeau au Québec. Ça prouve simplement que mon fils et moi n’avons pas eu le temps de nous parler pendant ce périple. Bref, je le lui remettrai la prochaine fois.

J’avais aussi offert à mon fils un cadeau de félicitations pour cette occasion : des pantoufles chinoises et des gouttes pour les yeux. Mais en arrivant dans sa chambre avant de partir, j’ai réalisé que j’aurais pu lui apporter bien plus de choses pour l’aider. Comme on ne s’était pas organisés avant, on a manqué l’occasion de lui faire des réserves utiles.

Le lendemain, le coach des gardiens est venu nous chercher à l’hôtel pour nous amener à l’aéroport. J’ai dû lui parler de la surprise des frais de bagages. Il s’est avancé pour payer ceux du retour, mais le transporteur avait oublié la carte de l’école. Et en plus, mon fils avait décidé de modifier certains éléments de son retour sans aviser la compagnie aérienne. Lui s’arrêtait à Philadelphie pour rejoindre son équipe, et moi, je retournais à Burlington comme prévu.

La préposée au comptoir d’American Airlines n’avait aucun pouvoir : elle ne faisait que suivre ce que les bornes libre‑service dictaient. Ça a été compliqué et franchement désagréable. Notre transport a dû partir avant que son stationnement gratuit n’expire, ce qui aurait décalé ses plans de la journée. Nous avons aussi reçu 10 courriels le matin même pour nous aviser que l’heure du vol avait été modifiée.

Mon garçon ne pouvait donc pas mettre sa valise à Philadelphie. Il a pris un sac Dunkin Donuts pour improviser un bagage à main, parce qu’un sac valise était à 90 $US. Je n’avais pas de bagage d’avion avec moi, alors j’ai pris le sien… qui s’est déchiré presque immédiatement. On en a mis un deuxième, qui a déchiré aussi vite. C’est le troisième, enroulé par‑dessus, qui a permis à mon garçon d’apporter ses affaires, pendant que je ramenais sa valise vide à Burlington.

La dame n’a rien pu faire. Ce n’était pas nous qui avions acheté le billet, et elle n’avait aucune marge de manœuvre pour nous aider ou trouver une solution.

Résultat : j’ai payé 52 $CAN pour mes bagages au retour sur ma carte de crédit, plus le stationnement à 56 $CAN, plus 100 $CAN d’essence. Et comme la nourriture à l’aéroport de Philadelphie n’est pas inspirante et que mon fils devait sortir pour rejoindre son équipe, j’ai passé l’escale dehors à fumer, en le regardant essayer de trouver un Uber.

J’ai fini par acheter un sac de noix et une bouteille d’eau pour 15 $US du cadeau de ma mère, et l’argent qui me restait a servi pour le pourboire de la femme de chambre et pour l’air que j’ai mis dans mes pneus. J’avais ma machine à gonfler dans la voiture, mais sa batterie a lâché après deux pneus. Il faisait froid, mon véhicule était pris dans la glace de la tempête du matin.

Bref, je n’ai pas aimé mon expérience avec American Airlines. Les appareils craquaient beaucoup. Une dame toussait comme une grande malade derrière moi. J’avais mon masque, mais j’ai regretté de ne pas en avoir apporté deux, sans compter le manque de place…

Entre Greenville et Burlington, on a fouillé ma valise, à l’intérieur de laquelle j’ai trouvé un papier attestant qu’elle avait été inspectée. Mon fer à cheveux était sorti de sa protection, et j’ai craint qu’il ne fonctionne plus. Les valises se font secouer passablement pendant le transport. Au moins, ils n’ont pas brisé mon cadenas. Mais c’est très malaisant de voir un douanier fouiller dans mes sous-vêtements. Je comprends leur mission, mais je me suis sentie brimée dans mon intimité.

Aux douanes, celles franchies en voiture, j’ai dû patienter pendant une heure dans la file pour arriver à la guérite, dans les vapeurs d’essence. J’avais faim, mes noix étaient loin, j’avais cependant le petit paquet de biscuits qu’ils donnent durant le vol. Mais j’ai adoré passer au centre même de la Terre. En effet, sur l’autoroute, une inscription dit : « Ici, on est à mi‑chemin entre les deux pôles de la Terre. » Dommage qu’il faisait noir et que je voulais vite sortir du pays pour manger en devise canadienne, parce que c’est exactement le genre d’endroit où je me serais arrêtée pour méditer et vibrer avec le centre de la planète.

Quand je suis arrivée chez moi à 22 h 30, mes voisins du sixplex n’avaient même pas dégagé les deux précédentes chutes de neige. Je me suis donc tapé le pelletage, dans le gros frette, avec en prime de la neige durcie, parce que je suis la seule conne qui s’en charge. Si je ne suis pas là, rien n’avance. Difficile de constater cela.

Et en entrant chez moi, scénario semblable : ma fille était passée en mon absence et avait décidé de m’obliger à ramasser ce qu’elle avait laissé derrière elle, soit de la vaisselle dans l’évier, dont un chaudron collé de pâtes, et un dégât de renversement sur la cuisinière, qui m’a demandé 25 minutes de frottage.

Je me suis mise à jour pour savoir pourquoi notre premier ministre du Québec avait démissionné pendant mon absence, j’ai pris un bon bain chaud avec une tisane laxative pour débloquer l’effet du voyage sur mon corps, tout en boostant mon système immunitaire à fond, avec ricochet énergétique pour aider fiston qui était loin, et j’ai réussi à ne pas tomber malade, contrairement à mon fils qui, lui, s’est retrouvé dans le même bus que ses coéquipiers, qui l’ont contaminé.

Deux jours après mon retour, j’ai pris la liberté d’écrire un message de gratitude au coach. Il m’a répondu de ne pas me gêner si j’avais besoin de quoi que ce soit. Sur le coup, je n’avais rien… mais après réflexion, je me suis dit : pourquoi ne pas réessayer d’ouvrir une voie pour mon projet de cinq minutes de rencontre avec Shaquille? Comme il est déjà dans le monde du sport américain, ce serait peut‑être plus facile pour lui de trouver une porte qui mène à mon but. Alors oui, coach, si vous avez une connexion pour rejoindre Shaquille O’Neal, car celle que j’ai explorée l’an dernier n’a pas porté fruit malgré des démarches auprès de sa mère, sa fondation, sa gérante Erin O’Brien et ses boîtes de relations publiques Mine O’Mine et Shaq’s Fun House Las Vegas. Je demande cinq minutes avec Shaq même si c’est virtuel. Merci pour votre offre. Je suis remplie de gratitude à la suite de mon expérience!

Soyez bénis. Namasté

Julie Leblanc

 

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