C’est compliqué!
Régie du logement, avocate fantôme, propriétaire entêté et karma administratif
Il y a des semaines où la vie décide de tester ton système nerveux, ta patience, ta foi et ton sens de l’humour… en même temps. Cette semaine-là, c’était ça.
Tout commence lundi. Le concierge du propriétaire se manifeste — enfin (après six ans sans service). Il veut venir faire des travaux mercredi. Et, évidemment, on passe devant le juge jeudi. Classique. C’est la stratégie préférée du proprio : offrir du service juste avant l’audience, pour avoir l’air moins négligent.
Je consulte mon avocate. Elle me dit : « Fais-le venir, et on va quand même devant le juge. » Parfait. Je lui demande d’écrire au proprio pour confirmer et il lui a répondu que j’avais refusé les travaux, ce qui est faux, car j’avais dit à son concierge : « J’en parle à mon avocate avant de vous répondre. » Mais j’avais prévu le coup : en écrivant, en plus, au concierge de venir sans problème, que j’acceptais. Toujours laisser une trace. Toujours, parce que les gens sont mal intentionnés volontairement. C’est de se protéger contre le trop lousse à détourner les faits des autres. C’est mon propriétaire qui m’a montré cette leçon, d’ailleurs, sur les longues années depuis que j’habite ici.
L’aide juridique… ou l’art de ne pas répondre
Je n’avais pas réussi à transférer toutes mes preuves à l’aide juridique, et je n’avais pas reçu de service pour ce problème rencontré. En fait, l’assistante n’est pas très bonne, elle en laisse filer pas mal. Ç’a apporté des complications et un problème de communication et d’échanges avec l’avocate et le système, comme, par exemple, envoyer des courriels ou laisser des messages. Aucune réponse. Aucun suivi. Rien.
L’audience est à 14h. le jeudi. Il est 14h. Je n’ai pas encore rencontré mon avocate. Aucune préparation. Aucun angle de défense. Je ne sais même pas ce qu’elle va plaider, ou même qu’elle n’a que la moitié des preuves que j’ai envoyées.
Heureusement pour elle, la Régie du logement est en retard. On se rencontre à 14h. dans une petite salle. Je lui dis ce que je veux : une garantie de service et la fin des ajustements à faire. Point.
Elle me renvoie dans la salle d’attente. Je me cache du propriétaire — pas envie de le voir. Je suis déjà passée par là, à attendre d’être devant le juge pendant qu’il est assis en face de moi avec ses malaises négatifs.
J’attends encore… mais j’apprends quelque chose d’important
Il est 15h. Je profite du temps pour lui parler de mon autre litige : le programme d’aide pour travailleurs autonomes du Québec qui me crée des dettes et qui n’a pas de solutions pour reconnaître mes réelles dépenses d’entreprise. Je lui demande si elle peut m’aider, parce que j’avais communiqué avec elle par courriel, mais je n’avais pas eu de réponses trois semaines plus tard.
Elle me dit : « Oui. » en ne comprenant pas pourquoi je n’étais pas au courant.
C’est un soulagement immense. Une injustice systémique de moins à porter seule. Je retombe dans des délais de traitement de ma cause avant de voir le juge pour le problème récurrent. Donc, on s’en reparle plus tard dans une autre chronique. Comment repasser dans le tordeur des dédales gouvernementaux, ou dans les chroniques journalières passées ? Car il y a déjà 24 chroniques disponibles sur le sujet. Hé oui!
15h30 : j’en ai plein mon casque
Je ne suis pas du type d’humain patient dans la vie et l’attente joue très rapidement sur mon système nerveux et émotionnel. Je suis très tannée d’attendre parce que ça n’avance pas. Je décide d’aller m’asseoir à côté du proprio. Je lui dis avec un sourire : « Tu vois où on en est et le temps qu’on perd ? Tout ça parce que tu ne veux pas m’envoyer un concierge! Ça fait deux ans que je suis dans le processus pour que tu veuilles prendre le temps de me parler. »
Et là… Le canal de communication s’ouvre. On parle. Sympathiquement. Même si c’est un lion entêté incapable de me donner raison. Mais j’ai fait des gains, comme il va me donner un montant d’argent pour m’aider à déménager, me donner carte blanche pour trouver la solution auprès de la ville pour solutionner le stationnement.
16h. : l’annonce qui assume leur long retard
Ils appellent tout le monde : « On est trop en retard. On va vous donner des rendez-vous pour plus tard. »
J’ai dit : « Non. Nous, on vous laisse la place. Le dossier a avancé. Je ne mets plus de temps là-dessus. »
Mon avocate et sa stagiaire se lèvent… et quittent sans même me dire un mot. Pas très classe.
En sortant, je dis au proprio : « La prochaine fois que tu me fais ça, je mets les médias dans le dossier. Organise-toi mieux. » Ça fait quatre fois que je vais à la Régie à cause de lui. Ça a le mérite d’être clair.
On finit dans le stationnement, à rire, pendant qu’il me fait un nouveau bail. Techniquement, son concierge m’a promis de revenir cet été pour finir les travaux. On verra.
Bonne nouvelle : le voisin bruyant est parti
Le logement au-dessus est maintenant loué par un commerce qui loge des immigrants travailleurs. Mon voisin de nuit a déménagé il y a deux semaines. Je dors enfin sans bouchons. Le prochain arrive dans deux semaines… On croise les doigts.
La suite au prochain numéro …
Soyez bénis.
Namasté
Julie L.
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