LA FOIS OÙ J’AI PERDU PATIENCE, SOLIDE !
Es-tu du genre à pogner les nerfspour un rien ou es-tu d’une patience incroyable et capable d’attendre qu’un triporteur traverse la rue devant toi… alors que tu es sur ta lumière verte ?
Es-tu du style à faire ton épicerie le jeudi en fin de journée comme si c’était une course contre la montre en virant les coins ronds à en faire tomber les étalages de cannes de bines ?
Tu es plus du style à prendre ton temps, jaser avec le monde (y a du monde un jeudi soir à l’épicerie !) en profitant de ce temps pour faire ton « sôcial» parce que c’est ta seule sortie de la semaine ?
Si toi aussi tu as déjà scrappé un manteau parce que le zip n’ouvrait pas et/ou ton ordinateur portable pour les mêmes raisons…
Bienvenue dans le club !
Bonne nouvelle ! Il y a moyen de développer ta patience !
⁂
Je te raconte ma fameuse histoire avec l’inspecteur de la Chambre des notaires du Québec. Comme tu le sais, j’ai pratiqué comme notaire. Dans cette ancienne vie, tous les 4-5 ans, la Chambre des notaires nous inspecte pour vérifier si on fait notre jobcomme du monde !
C’est comme le gars de l’impôt qui vient dans ton entreprise. Tu n’aimes pas ça. Tu sais que tu n’as rien à te reprocher, mais coudonc, il doit faire sa job lui aussi. Ce genre d’inspection est annoncée au moins deux mois à l’avance par une lettre que la Chambre envoie pour qu’on puisse se préparer mentalement à sa venue !
Parfois, la Chambre décide d’effectuer une inspection surprise. Les inspecteurs débarquant sans s’annoncer, juste pour venir vérifier la comptabilité en fiducie. Parce qu’on va se le dire, des millions passent chaque année dans notre compte « in trust».
Juillet est un mois passablement occupé pour les notaires avec les mariages et les transactions immobilières. Ma secrétaire est en vacances. Pendant que j’attends mes copies avec la face dans la fenêtre, j’aperçois un monsieur se stationnant de l’autre côté de la rue. Il descend de sa voiture de location et prend sa mallette. Je constate que c’est un homme d’affaires ne venant pas d’ici. Il traverse la rue et entre dans mon immeuble.
Oh Boy !
Là, je capote ! Ah, non, non, non, non. Oh non, non, c’est quoi ça ? Qu’est-ce qu’il veut ? Premièrement, y viens-tu me voir ? Parce que dans l’immeuble, il n’y a pas juste moi. Il y a des avocats et des comptables. Je pense : Ce n’est peut-être pas moi qu’il vient voir.
Il ouvre la porte de mon bureau et il se présente : Bonjour, je suis Maître Montreuil. Je viens vous faire une visite surprise.
Ah, non, c’était pour moi… Oh, mon Dieu ! Mon Dieu ! Mon Dieu !
Quand j’ai entendu « inspection surprise », mon cerveau a immédiatement fait l’équation suivante : inspection + surprise = désastre total, parce que je n’ai pas le temps !
J’ai de l’ouvrage par-dessus les oreilles. Je suis toute seule, ma secrétaire n’est pas là. Je capote ! Je deviens complètement hystérique, enragée noire ! J’ai une tonne de dossiers à finaliser. Je n’ai pas le temps de gérer ça, moi, un inspecteur !
Je lui hurle : Noooooon !
Une vraie folle, toi. Le notaire me regarde droit dans les yeux, puis il me répond d’un ton sec : Oui ! Et moi, de lui répéter d’un air malin : Noooon! Je n’ai pas le temps. Je n’ai pas le temps pour ça.
Et lui de me répondre : Vous n’avez pas le choix, Maître. Déjà que me faire appeler « maître », je déteste ça ! Rien pour vous faire aimer, monsieur l’inspecteur !
J’essaie tant que mal de justifier mon désarroi ainsi : Oui, mais notaire Montreuil, je suis occupée. Je n’ai pas de secrétaire. J’ai de l’ouvrage par-dessus les oreilles. Je n’ai rien à me reprocher. Écoutez, ma comptabilité en fiducie est tenue à la cenne noire près. Tout est parfait. Vous n’avez pas besoin de faire l’inspection.
Et lui me rétorque avec autorité : On n’a pas le choix, notaire. Il prend un air plus autoritaire parce qu’il voit bien que je suis folle. Moi, je suis encore plus enragée… J’ai un air de bœuf, pour ne pas dire un air de bœuf magistral ! En ne disant pas un mot, je lui pointe mon bureau. Ça signifie en traduction libre : Va t’asseoir là, ferme ta boîte, pis j’arrive !
J’étais tellement hors de moi ! Ça me brûlait en dedans ! Me voyant sur le bord d’y sauter dans la face, il s’assoit docilement à ma table de consultation et y dépose sa valise. Il me dit : Vous savez, Maître, je ne fais que mon travail. Et moi, de lui répondre d’un ton très bête : Oui, mais moi aussi, justement !
Résignée à subir cette incursion non souhaitée dans ma vie, je demande à « Maître Inspecteur » ce qu’il attend de moi. Il me donne une liste de dossiers à sortir pour lui. Je m’exécute. Quand j’arrive avec la pile d’un pied de hauteur, je dépose le tout « délicatement » en un gros BOOM sur la table. Très bête, je ferme la porte en lui faisant savoir par mon air renfrogné que je ne veux pas lui revoir la face de l’avant-midi ! Il a compris le message puisqu’il n’a pas bougé de là durant deux heures, sans me poser une question !
Une fois sa besogne terminée, il sort de mon bureau avec son beau sourire, puis il me dit : Notaire, j’ai terminé. Tout est beau. Tout est parfait.
Ben oui ! Je le savais ! Je n’avais pas besoin de lui pour me faire dire que tout était parfait. C’est sûr qu’à un moment donné dans l’histoire, il a fallu que je lâche prise… Parce qu’être en tabaslak, ce n’est pas bon pour le cœur. Ben coudonc ! Fais ce que tu as à faire, parce que moi j’ai d’autres choses sur le feu. Je ne peux pas rester choquée éternellement ! J’ai de l’ouvrage !
De toute façon, je n’avais aucun de contrôle sur lui ni sur la situation ! Je me suis raisonnée : Si je n’ai pas de contrôle sur lui, ben, lâche prise. Je l’ai donc laissé faire sa job, j’ai fait la mienne et il est parti.
Un moment de patience peut préserver de grands malheurs.
Un moment d’impatience peut détruire toute une vie.
Proverbe chinois
MA vérité !
Cette histoire m’a permis de réaliser que, dans le fond, lorsqu’une tempête s’abat sur toi, tu es mieux d’attendre que ça finisse. Et ça finit toujours par se terminer !
La patience, c’est meilleur pour ta santé et pour ton cœur aussi ! Bref, on a tous des vertus à développer sur cette Terre. Et moi, visiblement, c’est la patience ! Quand cette vertu est passée chez nous, je n’étais visiblement pas là. Et je ne suis pas toute seule ! Oh, non !
La preuve : Radio Énergie ! Pendant 15 ans, les Grandes gueules et encore aujourd’hui avec l’émission Ça rentre au poste !, aident les gens à patienter dans le trafic. Si ma mémoire est bonne, c’était la raison première de leur embauche !
Ça signifie que je ne suis pas la seule impatiente dans la vie ! On peut aussi penser aux malades dans les hôpitaux… Pas pour rien qu’on les appelle « patients » !
Pour permettre aux gens de patienter avec le sourire, j’ai inventé des cartes virtuelles que je publie tous les matins sur Facebook. J’en ai fait des collections numériques pour que les gens puissent les regarder sur un écran : cellulaire, tablette, écran d’ordinateur, écran de télé, dans la salle d’attente, dans le taxi ou au restaurant.
Partout où des gens attendent, c’est utile ! L’idée : permettre aux gens de rester de bonne humeur en attendant. Parce que je sais très bien que je ne suis pas toute seule à être impatiente !
- Qui n’a JAMAIS pogné les nerfs devant une mamie reculant dans un stationnement et qui te fait ruminer : Elle devrait être à l’hospice en train de tricoter, cette pauvre !
- Qui n’a JAMAIS pogné les nerfs sur la route en apercevant « un chapeau »[1] conduisant à 70 km/h dans une zone de 90 ?
- Qui n’a JAMAIS pogné les nerfs sur la route en tentant de dépasser un scooter roulant à 50 km/h ? Je me demande tout le temps : Y sont où les parents ? Sont-ils conscients du danger ? Se sont-ils désengagés ? C’est quoi l’histoire ?
- Qui n’a JAMAIS perdu patience à chercher un « Charlie[2] » chez Canadian Tire ? Parce qu’on va se le dire, si tu ne trouves pas le commis au gilet rouge, tu ne trouves jamais ton stock et tu passes ta vie là !
- Qui n’a JAMAIS voulu étrangler la caissière à la banque ou à la caisse, qui dépose son affiche « Guichet suivant » à 11 h 28, alors que 30 personnes attendent ? Pourquoi prennent-elles leur pause-dîner en même temps que nous, cette plage horaire nous permettant d’effectuer les commissions, dont les dépôts à la caisse ou à la banque ?
- Qui n’a JAMAIS voulu sauter en bas du char pour brasser fort, fort, la personne appuyant sur le bouton de passage pour piéton pour que le signe s’allume et lui permette de traverser la rue, pour finalement changer d’idée et tourner les talons ? Dans ce temps-là, j’ai vraiment juste envie de descendre de voiture pour hurler à cette personne : Excuse-moi ! Tu as pesé sur le piton, faque tu vas traverser la rue, OK ?
Visiblement, je ne suis pas encore totalement guérie ! Des affaires viennent encore me chercher !
J’avoue que je suis hypoglycémique. Quand je prends ma voiture à l’heure du dîner, je peux hurler dans le char pour des riens. Quand j’ai faim, je deviens folle ! Folle ! Folle ! Folle ! Donc, avant de prendre le volant, je dois manger sinon c’est dangereux pour tous !
Mon chum me voit aller et à tout bout de champ, il me dit : Oh ! Toi, t’as faim ! Entre les lignes, ça veut dire : Ok ! T’es folle, faque je vais te nourrir. Il s’arrange pour que je mange au plus vite pour redevenir moi-même… jusqu’à la prochaine fois !
D’où vient l’impatience ?
- De l’hypoglycémie
- Des blessures intérieures
Si tu as une blessure de trahison parce que tu t’es senti(e) manipulé(e) ou trahi(e) par un de tes parents ou que tu as vécu de la maltraitance, nécessairement, ça développe de l’impatience chez l’enfant.
Si tu as vécu de la violence entre tes parents, ça peut aussi créer de l’impatience et tu peux devenir contrôlante. Une forme d’impatience du fait que tu ne peux pas tout contrôler.
Plus tu fais preuve d’impatience et d’intolérance, plus tu as de la difficulté à gérer tes émotions, notamment la colère. Si tu veux toujours tout contrôler et que tu perds le contrôle, tu deviens impatiente ou, comme moi, complètement folle ! 😊
Une autre forme d’impatience liée aux blessures (dont j’ai hérité !) : vouloir avoir fini avant de commencer ! Plus l’impatience est grande, plus tu deviens en colère. C’est une roue qui tourne. Ce n’est pas la joie.
Voici quelques trucs pour gérer ton impatience :
- Quand tu attends en ligne à la caisse de l’épicerie un jeudi, fin de journée, que la petite madame pas familière avec la patente[3] essaie fort, fort d’apprivoiser la bête tout en demandant l’aide du commis toutes les cinq secondes… Tu peux te répéter trois fois la phrase suivante en respirant profondément entre chacune : Ça prend beaucoup de patience pour vivre en société !Une fois l’exercice terminé, tu auras tendance à te dire : Elle est bonne, la madame !
- Si tu te fais bombarder par ta famille au souper du dimanche à propos du fait que tu es encore célibataire à 50 ans, ou que tu manges ta pizza avec de la mayonnaise, ou que tu es toujours habillée en mou, etc., attends que le vent tourne de bord. À un moment donné, ils vont se tanner. Tu ne réponds pas. Tu attends que la tempête de critiques/préjugés/questions/commentaires stupides passe.
- Quand ton chum ou ta blonde te tape sur les nerfs avec sa maudite idée d’aller aux pommes ou de sortir tout le stock du garage et de ne rien ranger à la fin de la journée… Fais du EFT. C’est quoi ? Emotional Freedom Technique. Va voir sur Google, ça en vaut la peine ! C’est une technique de tapotement. L’idée derrière l’EFT, c’est de changer la direction de ton énergie changeant brusquement de bord suivant de vives émotions comme l’impatience, la colère, etc. Une fois l’exercice terminé, tu te sens beaucoup mieux. Détails plus loin. Je t’en parle plus en détails au chapitre 42.
- Quand tu attends à l’urgence ou ailleurs, un bon truc : imagine tout le monde tout nu. C’est le truc de mon chum ! Ne l’ayant jamais essayé moi-même, ça a l’air que le temps que tu ris, tu ne vois pas les heures passer.
- Tu lis un bon livre. J’en ai toujours un dans ma sacoche ! Dieu sait qu’il y a du stockdans un sac à main de bonne femme ! Peu importe où je suis, j’ouvre mon livre et j’oublie le temps ! Idéalement, un livre drôle ! De cette façon, le temps passe et tu ne t’en rends pas compte. Ça peut être un livre papier, en version numérique ou audio.
- Écouter des épisodes de podcast, comme le mien par exemple ![4]
- Jouer à Candy crush ou à la patience sur ton cellulaire !
Le chemin de l’impatience est toujours le mauvais chemin.
Kyuzo Mifune
Face à ton impatience, tu as TROIS OPTIONS :
- Tu pognes les nerfs, solides. Tu envoies chier tout le monde et tu passes une journée de marde !
- Tu te gères en luttant fort, fort, pour ne pas sauter dans la face du gars qui te coupe en char ou de la petite madame faisant vérifier ses millions de billets de loto au dépanneur sur ton heure de dîner. Tu respires par le nez quand ça prend une éternité au service au volant, parce qu’il y en a un qui a commandé un filet de poisson au McDo ou un latté au Tim Hortons.[5] Tu te ronges les ongles au sang en attendant ta cliente en retard de 30 minutes pour son rendez-vous[6] !
- Tu contrôles ton impatience !
La patience, c’est accepter calmement que les choses arrivent
dans un ordre parfois différent de celui qu’on espérait.
David G. Allen
Besoin d’outils pour t’aider à patienter n’importe où ?
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[1] Parce que c’est seulement ce qui dépasse du siège !
[2] Faisant référence à la bande dessinée, mais pour un commis au gilet rouge !
[3] On va se le dire, en haut de 70 ans, une caisse libre-service, c’est comme si c’était un extraterrestre !
[4] Tous les épisodes disponibles ici : https://www.mariejoseestlaurent.com/marie-josee-st-laurent-podcasts
[5] Je l’avoue ! C’est moi qui commande un latté au Tim Hortons qui ralentit le trafic.
[6] Ça me rappelle une anecdote que tu peux lire dans ma trilogie !
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