Le logement : la saga continue
Il y a des dossiers dans la vie qui avancent comme un ruisseau au printemps. Et il y en a d’autres qui avancent comme un robinet qui coule… une goutte à la fois…
Devinez dans quelle catégorie se trouve mon dossier de logement.
L’augmentation annuelle : le cadeau empoisonné de mars
Début mars, j’ai reçu la fameuse lettre d’augmentation de loyer. Mon propriétaire ne fonctionne pas en pourcentage comme tout le monde. Non. Lui, il y va avec des montants fixes, sortis d’on ne sait où, qui dépassent toujours le minimum suggéré par le gouvernement.
Et ça, malgré l’absence de :
- services depuis six ans,
- concierge,
- entretien,
- réparations,
- présence humaine,
- mais 100 % de négligence.
Cette année, pourtant, j’ai surpris mon cœur content. Oui, content. Parce que pour la première fois, je n’allais pas me taper son mécontentement de propriétaire frustré qui n’assume rien et qui se fâche quand on lui demande de faire son travail.
J’ai confié le dossier à mon avocate. Deuxième mandat. Et j’ai senti mon système nerveux faire un soupir de soulagement que je n’avais pas entendu depuis longtemps. En effet, il n’est pas agréable de lui parler quand on réussit à le joindre.
La paix d’éviter un homme qui ne sait pas gérer un immeuble
Les années précédentes, c’était moi qui devais lui parler. Moi qui devais absorber son attitude. Moi qui devais faire face à son incapacité chronique à expliquer pourquoi il ne fait rien. Moi qui devais gérer son agressivité passive, sa mauvaise foi, son improvisation permanente.
Cette année, j’ai évité tout ça. Et honnêtement, ça m’a fait un bien fou.
Je sais que ce n’est qu’un répit temporaire — l’an prochain, je devrai lui reparler pour négocier l’augmentation de ses loyers. Mais pour cette année, j’ai choisi la paix en confiant le mandat à mon avocate de s’en occuper. Et la paix que ça m’a apporté, ça n’a pas de prix.
Pendant ce temps, dans l’immeuble…
Deux locataires qui faisaient partie du recours collectif de l’automne ont déménagé en plein milieu de leur bail. Pas par caprice, mais plutôt par écoeurement.
Ils sont partis sans prévenir. Le propriétaire a dû envoyer un huissier. C’est arrivé à ce stade-là.
Et comme si ce n’était pas assez, il y a même eu un squatteur dans un des logements vides. Oui, oui. Un squatteur. Dans un immeuble où le propriétaire ne met jamais les pieds, avec la porte débarrée. Surprise ? Pas vraiment car c’est mal géré, négligé et l’immeuble est laissé à lui-même. Et évidemment, ça finit par attirer exactement ce genre de situation.
Le TAL (Tribunal asministratif du logement) : l’art de prouver l’impossible avec des photos
Je suis maintenant à l’étape de rassembler les preuves pour le Tribunal administratif du logement. Et là, je me suis rendu compte d’un détail : comment prouver qu’un robinet coule?… avec une photo ?
J’ai donc pris des dizaines de clichés, afin d’essayer de capturer la goutte en plein vol. On dirait un shooting photo pour une goutte d’eau qui auditionne pour une pub de savon à vaisselle.
Une vidéo aurait été tellement plus simple. Mais bon! On fait avec ce qu’on a…
Tout ça pour obtenir… une visite de plombier et du concierge. Juste ça. Une visite de service. C’est fou le nombre de démarches qu’il faut faire pour obtenir le strict minimum.
La vérité : je vous souhaite un meilleur propriétaire que le mien
J’en suis rendue à un point où je ne suis même plus fâchée. Je suis juste lucide.
Je vis dans un immeuble où :
- les locataires partent en plein bail,
- les huissiers entrent plus souvent que les concierges,
- les squatteurs trouvent des logements avant les plombiers,
- les augmentations sont abusives,
- les réparations inexistantes,
- les logements non entretenus avec présence de moisissure
- et une gestion… disons… conceptuelle.
Je fais ma part : je documente, je prends des photos, je fais les démarches et je garde mon calme. Bref, je laisse la Loi faire son travail.
Mais je vous le dis sincèrement : je vous souhaite un propriétaire qui respecte ses locataires, qui entretient ses immeubles et qui comprend que gérer un logement, ce n’est pas juste encaisser des loyers.
Parce que moi, j’en suis rendue à un point où je ne demande même plus le luxe. Je demande juste le minimum arriéré.
Et même ça, c’est compliqué.
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