La croyance en soi

Le muscle que personne ne t’a appris à entraîner

Il y a des matins où l’on se lève avec cette sensation étrange d’être à côté de soi-même. Pas vraiment malade. Pas vraiment bien. Juste ce sentiment diffus que quelque chose ne va pas et que ce quelque chose, c’est peut-être nous.

Combien de fois avons-nous entendu « crois en toi » sans jamais vraiment savoir comment faire ? Comme si la confiance en soi était un interrupteur qu’il suffirait d’allumer. Comme si croire en soi était une évidence pour certains et une impossibilité pour d’autres.

La réalité est toute autre. La croyance en soi n’est pas un trait de caractère inné. Ce n’est pas un don réservé aux audacieux ni un privilège des chanceux. C’est un muscle. Et comme tout muscle, il se construit, se renforce, et parfois se blesse avant de guérir plus fort qu’avant.

Le mensonge que l’on se raconte

Depuis l’enfance, nous accumulons des croyances sur nous-mêmes. Certaines sont des cadeaux : « tu es curieux», « tu as le sens du contact», « tu es persévérant ». D’autres sont des fardeaux que nous portons sans même nous en rendre compte : « tu es trop sensible », « tu n’es pas fait pour ça », « tu n’arriveras jamais à te concentrer ».

Ces phrases, souvent prononcées sans malice par des parents, des enseignants ou des camarades, s’impriment dans notre système nerveux comme des vérités absolues. Elles deviennent le filtre à travers lequel nous interprétons chaque expérience, chaque échec, chaque réussite.

Le problème n’est pas que nous ayons ces croyances. Le problème, c’est que nous les prenons pour la réalité, alors qu’elles ne sont que des histoires que nous nous racontons, depuis si longtemps que nous avons oublié qu’elles sont des histoires.

Ce que les neurosciences nous enseignent

Les recherches en neurosciences sont formelles : le cerveau est plastique. Il change, il s’adapte, il se reconfigure tout au long de la vie. Ce que l’on appelle la neuroplasticité, c’est précisément cette capacité extraordinaire du cerveau à créer de nouveaux circuits neuronaux, à condition de lui en donner la possibilité.

Chaque pensée que nous répétons renforce les connexions neuronales qui lui correspondent. Une croyance négative sur soi-même, répétée des milliers de fois, creuse un sillon profond dans notre cerveau. Mais l’inverse est tout aussi vrai : une nouvelle façon de se percevoir, cultivée avec régularité et bienveillance, finit par créer de nouveaux chemins neuronaux et par transformer, littéralement, la façon dont nous nous voyons.

Ce n’est pas de la pensée positive naïve. C’est de la biologie.

Reconstruire depuis l’intérieur

Alors par où commencer?

La première étape est souvent la plus difficile : observer ses propres croyances sans les juger. Pas pour les combattre, la résistance renforce ce que l’on combat, mais pour les identifier, pour les nommer. Pour les regarder en face et se demander : est-ce vraiment vrai? Ou est-ce simplement ce que j’ai appris à croire?

La deuxième étape consiste à chercher les preuves du contraire. Notre cerveau a un biais naturel vers le négatif; il retient les échecs plus longtemps que les réussites, les critiques plus longtemps que les compliments. Contrebalancer ce biais demande un effort conscient; se souvenir des moments où l’on a surmonté quelque chose de difficile, où l’on a fait preuve de courage, où l’on a tenu malgré tout.

La troisième étape et sans doute la plus puissante, c’est l’action. Pas une grande action héroïque, mais une petite action, répétée. Car la croyance en soi ne précède pas toujours l’action. Très souvent, c’est l’action qui précède la croyance. On avance, même avec le doute. Et c’est en avançant que la confiance se construit.

Le rôle du corps dans la croyance en soi

Ce que l’on oublie trop souvent, c’est que la croyance en soi ne se joue pas uniquement dans la tête. Elle se joue aussi dans le corps.

Notre posture, notre respiration, notre alimentation, notre sommeil tout cela influence directement la chimie de notre cerveau et donc notre capacité à nous percevoir positivement. Un corps épuisé, mal nourri, sous tension chronique produit des niveaux de cortisol élevés qui altèrent notre jugement sur nous-mêmes. On se sent moins capable, moins digne, moins à la hauteur non pas parce que c’est la réalité, mais parce que notre biologie nous envoie ce signal.

Prendre soin de son corps, c’est donc aussi prendre soin de sa croyance en soi. Dormir suffisamment, bouger régulièrement, s’alimenter de façon à nourrir son cerveau, ce ne sont pas des actes de vanité. Ce sont des actes de respect envers soi-même. Des actes qui envoient au cerveau un message puissant : je mérite d’être bien.

L’entourage comme miroir

La croyance en soi se construit aussi dans le regard des autres. Pas n’importe lesquels, ceux qui nous voient vraiment. Pas ceux qui nous flattent ou qui nous diminuent, mais ceux qui nous reflètent notre valeur avec honnêteté et bienveillance.

S’entourer de personnes qui croient en nous n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Car nous sommes des êtres profondément sociaux et le regard que les autres portent sur nous, finit toujours par influencer le regard que nous portons sur nous-mêmes.

C’est pourquoi choisir ses relations avec soin, que ce soit dans sa vie personnelle, professionnelle ou dans l’accompagnement que l’on choisit, est l’un des actes les plus puissants que l’on puisse poser pour renforcer sa croyance en soi.

Une question de survie intérieure

Dans mon travail de coach, je rencontre chaque jour des femmes et des hommes brillants, sensibles, profondément capables, qui se sont convaincus du contraire. Des personnes qui ont passé des années à compenser, à masquer, à se battre contre elles-mêmes sans savoir pourquoi elles se sentaient toujours « à côté ».

Ce que j’ai appris, à travers mon propre parcours et à travers l’accompagnement de centaines de personnes, c’est que la croyance en soi n’est jamais vraiment perdue. Elle est enfouie sous les couches de jugements accumulés, sous la fatigue de la performance, sous la peur de décevoir.

La retrouver ne demande pas des années de thérapie, ni une révélation soudaine. Elle demande de la régularité, de la bienveillance envers soi-même et souvent, juste quelqu’un qui vous regarde autrement que vous ne vous regardez vous-même.

Croire en soi, finalement, c’est accepter que l’on mérite autant que les autres de réussir, d’être heureux, d’avancer. Pas parce que l’on est parfait. Mais parce que l’on est vivant et que c’est déjà une raison suffisante.

Roland Crettaz est coach en neurosciences et nutrithérapeute diplômé, auteur de « Voyage au cœur de la résilience ». Il accompagne des personnes en surcharge mentale, burn-out et TDAH à reprendre le contrôle de leur vie.

 

 

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