Le pouvoir caché des saisons intérieures
L’ère moderne dans laquelle on vit a permis de mettre en valeur des femmes dans des positions de succès, de carrière et d’égalité. Avec ces nouvelles responsabilités sont venues les attentes de performance, de productivité, une société qui attend des résultats et de la vitesse, ce qui a amené les femmes modernes à se déconnecter de leurs saisons intérieures.
Dans les dernières années, la reconnexion à mon corps, à mes signaux intuitifs et à mon Moi m’a fait prendre conscience de cette réalité féminine et de la puissance qui s’y cache quand on la comprend bien. Parce qu’à force d’ignorer les cycles de nos saisons intérieures et de forcer notre corps en mode performance, en mode été, on finit par s’épuiser. J’ai tendance à être cette femme, toujours dans l’action, dans les projets et la performance, qui est capable d’en faire beaucoup. Et, dans le passé, ça m’a menée à des épuisements où je croyais, à tort, que c’était de la faiblesse, de la lâcheté. Ce que je ne comprenais pas à ce moment-là, c’est qu’on ne peut pas toujours vivre comme si c’était l’été. Il y a des saisons dans la nature. Il y a des saisons en nous aussi et apprendre à les ressentir et s’y aligner est extrêmement puissant.
Pendant longtemps, quand mon corps me demandait de ralentir, je l’ignorais et j’accélérais. Je poussais plus fort. Je croyais que la fatigue pouvait disparaitre avec plus de discipline, que je devais en faire plus pour rester la femme forte que je devais être. Puis, je me suis épuisée. C’est que je ne comprenais pas encore les concepts de saisons intérieures.
Avant d’aller plus loin, je crois qu’il est important de revenir sur les différents cycles que l’on retrouve. Dernièrement, on entend de plus en plus souvent parler du cycle circadien, le rythme du jour. Le corps fonctionne sur un cycle de 24 heures qui se synchronise avec la lumière. Le matin, le cortisol naturel s’élève pour permettre au corps de se réveiller et de s’activer. C’est là que le cerveau se réveille, la concentration est souvent plus présente. Au milieu de la journée, notre digestion est plus efficace, la température corporelle est plus élevée et nos performances physiques et mentales sont optimales. Le soir, tout comme le soleil, le cortisol naturel diminue, la mélatonine augmente et le corps se prépare au repos. Intuitivement, notre corps s’active le matin et ralentit le soir.
Pour la femme, il est aussi question du cycle infradien féminin, le cycle hormonal d’environ 28 jours. Durant ce cycle, la femme traverse différentes phrases qui peuvent s’apparenter aux quatre saisons. Quand on observe bien, tout est dans tout… D’abord, la phase menstruelle, où l’énergie est plus basse, avec besoin d’espace et de solitude, est une phase d’introspection. Comparable à l’hiver où les journées raccourcissent et où on rentre à l’intérieur et où on passe plus de temps en solitude.
Dans la deuxième phase, la phase folliculaire, on sent l’énergie remonter. C’est le retour de la créativité et l’envie de commencer de nouveaux projets. C’est une phase que l’on peut facilement comparer au printemps, où la nature reprend vie, où on ressent l’émergence d’une énergie nouvelle.
La troisième phase, celle de l’ovulation, est la phase de la confiance. C’est dans cette phase que notre énergie est rayonnante, où notre envie de connecter est plus grande. Tout comme l’été, où le soleil propage sa lumière pour offrir le temps et l’espace pour des rassemblements.
La dernière phase, la phase lutéale, est celle où notre sensibilité est plus grande, celle où l’envie de structurer et d’organiser est plus présente. Un peu comme l’automne qui nous prépare tranquillement à accueillir l’hiver, on range les articles d’été, on sort le planificateur annuel.
Étonnant, quand on compare les choses, à quel point la nature et l’humain sont en alignement.
La femme moderne vit souvent contre ses saisons
Quand on y pense et qu’on observe ce qui se passe dans notre société où les femmes occupent de plus en plus de postes de direction, de cadre où elles doivent être en posture de performance et de productivité, il est donc cohérent de voir autant d’enjeux d’épuisement. Quand on comprend que, biologiquement, la femme traverse plusieurs saisons chaque mois, mais qu’elle travaille actuellement majoritairement dans une seule saison (l’été). Quand elle essaye d’être toujours au maximum, elle force son corps, ignore les signaux qu’il lui envoie et finit par s’épuiser.
L’hiver n’est pas une faiblesse
Quand on s’offre la possibilité d’écouter notre corps et ses phases, on comprend toute l’importance et la puissance de s’aligner sur nos cycles. Dans l’ère de la superwoman, beaucoup de femmes ont appris à craindre les phases plus ralenties parce qu’on a tant valorisé l’action constante, la mode du faire. Or, l’hiver intérieur, quand on s’y connecte bien, est une phase essentielle. C’est le moment où le corps récupère, les émotions remontent et où on prend le temps de voir plus clair. C’est lors de la connexion à cette phase plus calme et intérieure que les grandes prises de conscience s’installent. Si tu as encore le sentiment de courir, courir, sans avoir le sentiment de choisir ta destination, est-ce que tu t’autorises à te connecter à tes différentes saisons intérieures ?
Respecter ses cycles pour créer plus d’énergie
Quand on sait que près de six femmes cadres sur dix disent se sentir régulièrement épuisées par leur travail (Women in the workplace, de Mckinsey & Company), il peut être intéressant de revenir à ce que le corps féminin nous partage quand on l’écoute. Je crois sincèrement que l’épuisement ressenti n’a rien à voir avec les capacités ou les compétences de ces femmes dans leur poste, mais tout à voir avec le rythme qu’elles s’imposent dans leurs fonctions. Il y a quelque chose de très puissant à s’offrir la possibilité de reconnecter à son cycle intuitif et d’offrir à son corps un rythme cohérent pour qu’il se propulse mieux. Quand une femme comprend ses saisons, elle peut donc créer dans son printemps, rayonner et connecter dans son été, organiser et structurer dans son automne et se régénérer et analyser et revisiter les projets durant son hiver. Les femmes qui s’autorisent à collaborer avec leur énergie naturelle cessent de lutter contre leur corps et deviennent naturellement plus stables, plus créatives et plus alignées.
Peut-être que la prochaine évolution ne sera pas de demander aux femmes d’en faire toujours plus. Peut-être qu’elle sera plutôt de créer un monde où la performance se vit en synchronicité avec le corps féminin. Un monde où l’on comprend que la femme ne fonctionne pas sur une ligne droite, mais sur des cycles.
Une ère où le cycle circadien est respecté, où l’on comprend l’importance de la lumière, du repos et des moments d’activation. Une ère où le cycle féminin est reconnu comme une force naturelle plutôt qu’un obstacle à la performance.
Parce que quand une femme comprend ses saisons, elle ne ralentit pas sa puissance, elle la canalise mieux. Elle crée, elle rayonne, elle structure au bon moment et elle se régénère quand le corps le demande. Et c’est peut-être là que se trouve la vraie révolution : une femme qui n’essaie plus de vivre contre sa nature, mais qui apprend enfin à s’y propulser.
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