Dans mon livre/cd intitulé Les sept portes du bonheur, je traite de l’une d’entre elles et non la moindre: l’engagement. Pas uniquement l’engagement envers les autres, mais celui envers soi-même, envers ses aspirations profondes. Car, si nous ne sommes pas totalement engagés dans ce que nous faisons, le découragement risque de nous rabattre au moindre coup de vent. Tout obstacle, si petit soit-il, nous sert alors de prétexte pour nous faire baisser les bras. Lorsque nous ne nous investissons pas totalement dans nos actions, nos forces et notre motivation déclinent rapidement. Nous n’avons pas non plus l’énergie nécessaire pour faire le petit pas de plus qui fait souvent la différence entre le succès et l’échec. En fait, il n’y a pas d’échec. Il n’y a que des gens qui ont cessé d’avancer…

En d’autres mots, si on échoue ou si on a l’impression d’avoir essuyé un échec, c’est qu’on n’a pas fait le petit pas de plus… Nous traduisons alors cet arrêt par le mot « défaite ».

Je me rappelle encore le temps où j’ai présenté mon premier manuscrit Sur la voie de la Sagesse à un éditeur. Ne désirant pas prendre de risque avec un nouvel auteur, la maison refusa, de prime abord, mon projet. Mais mon engagement à concrétiser mon projet m’incita à me rendre sur place pour demander des éclaircissements sur ce refus. Je mis alors, en désespoir de cause, un pied en travers de la porte. J’osai insister en demandant s’il y avait une autre route disponible. On me répondit que l’édition de mon livre serait acceptée si je le faisais à compte d’auteur, c’est-à-dire si je payais tous les frais d’édition. Ça me demandait un énorme investissement. Par contre, de grands avantages y étaient rattachés si le livre se vendait bien. Mais le contraire était aussi vrai… Mon engagement éloigna le découragement et, grâce à l’aide financière de ma mère qui m’avança l’argent, je pus éditer mon premier livre qui fut un succès et dont les profits servirent à financer mes autres livres. Grâce à ce petit pas de plus, ce pied mis en travers de la porte, je gagnai la partie, grâce à mon engagement.

Prenez maintenant quelques instants pour vous remémorer ce que vous considérez comme votre dernier échec. Pourriez-vous dire qu’un petit pas de plus aurait pu faire toute la différence? Ne laissez pas votre tête répondre de manière trop expéditive à cette question. Écoutez plutôt ce que votre cœur a à dire… S’engager entièrement dans ses projets est un gage de succès et de bonheur. C’est d’ailleurs ce qui caractérise ceux qui ont l’étincelle toujours bien allumée dans les yeux.

Si un de vos projets n’aboutit pas, c’est probablement que vous n’êtes pas suffisamment engagés et que vous n’êtes pas prêts, intérieurement, à payer le prix qui y est rattaché.

Car il y a toujours un prix qui n’est toutefois pas nécessairement négatif, entendons-nous bien. Il ne fait qu’impliquer un changement dans notre vie, engendrant souvent de l’insécurité, du moins pour un certain temps. Il m’a quand même fallu trois longues années avant que mon premier manuscrit Sur la voie de la sagesse se retrouve sur les tablettes des librairies. J’avais pourtant fait tout le nécessaire et envoyé des dizaines d’exemplaires à autant de maisons d’édition, mais je ne recevais jamais de réponse de qui que ce soit. Je suis même allé voir des clairvoyants qui me disaient tous que je n’étais pas prêt, ce que mon ego s’empressait de réfuter. Mais, avec les années, je me rends bien compte maintenant qu’inconsciemment, j’avais une peur bleue d’être taquiné et jugé par les gens du petit village où j’habitais et où l’on retrouvait, entre autres, une importante communauté religieuse. Comme je parlais allégrement à cette époque de karma et de vies antérieures, j’appréhendais le jugement dont j’allais sûrement être victime si mon livre avait le malheur de passer entre leurs mains. Lorsque j’acceptai de payer le prix d’éventuels jugements, mon projet se réalisa très rapidement et d’autant plus facilement. Et contrairement à mes appréhensions, je n’eus vent d’aucune critique à mon égard. Ce n’était que des peurs.

Donc, si certains de vos projets n’aboutissent pas, soyez assurés que cela ne dépend pas des autres, mais de vous. Si un projet particulier vous vient en tête, arrêtez-vous un instant et demandez-vous quel serait le prix à payer pour sa réalisation. Avez-vous peur des conséquences ou de l’insécurité générée? Si vous acceptez le défi et tout ce qui vient avec, l’énergie qui vous anime fera en sorte de le mettre en marche. Soyez-en assurés. Dans le cas contraire, vous cesserez peut-être alors de forcer et attendrez le moment propice pour repasser… votre commande. Quand vous serez prêts, et seulement à ce moment-là, vous pourrez faire le pas. Quelle que soit la nature de vos projets (personnels, d’affaires, relations amoureuses, etc.), faites tout d’abord le point sur le contrecoup que leur réalisation aura sur votre vie. Lisez attentivement les petits caractères au dos du contrat et, si vous les acceptez, la vie s’occupera du reste. Sinon, attendez le moment propice et cessez de vous plaindre de votre sort. Vous n’aurez qu’à refaire l’exercice un peu plus tard pour voir si vous en êtes toujours au même degré d’acceptation ou si vous êtes prêts cette fois-ci à franchir le pas. Le principe est simple, plus on s’engage envers la vie, plus celle-ci le fait envers nous. Plus on s’y abandonne, plus les portes s’ouvrent d’elles-mêmes et plus on en reçoit illico les bienfaits.

André Harvey est auteur de 20 livres dont le best-seller L’ultime pardon.

 

Il partage son temps entre les voyages, les conférences, l’écriture et la musique. Il a d’ailleurs à son actif trois CDs de chansons à texte dont il est l’auteur, le compositeur et l’interprète. (Renaître par la passion de vivre, Les yeux du cœur et Maturité.)