Mais pourquoi toujours vouloir avoir raison

La phrase de mon père

Ego démesuré oui, mais pas que et pourquoi.

Bonjour chère Âmie, cher Âmi,

Comme souvent, je m’inspire d’une situation vécue, d’une rencontre ou de quelque chose qui m’a fait penser à vous. Ce dernier mois, je discutais avec ma belle-fille ; cette femme adorable a toujours besoin d’avoir raison. Cette façon de faire chez elle me touche beaucoup et j’ai choisi ce thème pour cet article.

Une personne peut agir ainsi parce qu’elle sent que sa valeur personnelle est mise à mal. Certains ne supportent pas de faire des erreurs, d’autres croient qu’ils détiennent toujours la vérité, peuvent se sentir menacés d’être contredits. Cela peut être un manque de confiance et ils vont « attaquer » pour se protéger ou bien manipuler ou contrôler.

Une personne cherche à avoir le dessus, mais en fait parce qu’au-dessous, elle a une mauvaise opinion d’elle-même ; cela peut être  aussi une peur de se remettre en question. Cela peut aller jusqu’à la crainte inconsciente d’être agressé, attaqué, tué… Les raisons sont pléthores.

Même si de l’extérieur nous pouvons penser que c’est un ego démesuré, ce n’est pas forcément quelque chose de léger et superficiel ; cela peut être profondément ancré en la personne et apporter beaucoup  de souffrance. Avant de juger la personne qui veut toujours avoir raison, nous avons besoin en premier d’être bienveillant avec l’autre.

Ces comportements trouvent leur origine dans l’enfance, dans des situations stressantes au cours desquelles le sujet a eu besoin de sauver sa peau, d’esquiver des situations malheureuses, de se sortir d’agressions verbales ou physiques de la part d’adultes malveillants.

La personne qui n’a pas réfléchi, travaillé sur ses blessures ne se rend pas compte qu’en fait ce n’est pas l’adulte en elle qui répond, mais c’est l’enfant intérieur qui crie encore sa détresse, sa peur, son angoisse… Cela peut être totalement inconscient et plus la blessure est grande, plus ce besoin d’avoir toujours raison est criant.

Il y a un pont invisible entre la situation de la discussion actuelle par l’adulte et la détresse de l’enfant. Pour se soigner, il est indispensable de s’adresser à l’enfant parce que l’adulte est probablement totalement inconscient de son processus de survie et est totalement convaincu d’avoir raison, sinon ça le replace trop fortement dans ces situations qu’il a voulu oublier.

Ces personnes sont souvent très contrôlantes puisque dans leur passé beaucoup de situations étaient sources de danger pour elles. Leurs réactions ne sont pas à minimiser parce que l’adulte est en prise directe avec la terreur de l’enfant.

Si vous êtes confronté à une telle personne dans votre vie, il est important d’en parler ouvertement, en dehors des crises de « je veux avoir raison ». Il est possible de mettre en place, d’un commun accord, un signe choisi ensemble que le protagoniste fera avec gentillesse lorsque l’autre commence à entrer en situation de stress. Ce sera aussi utile que la personne qui souffre en parle avec sa/son thérapeute.

La personne va se rappeler de situations et va désamorcer le processus qu’elle enclenche inconsciemment. Jusqu’à ce qu’elle fasse le travail, c’est comme si, dans certaines circonstances, on appuyait sur un bouton qui génère un comportement de survie ; la personne n’y peut rien. Physiquement, nous pourrions comparer le comportement avec une personne qui se jetterait par terre, par exemple si elle a vécu la guerre là où elle habitait. Celle qui veut avoir toujours raison est dans le même processus, plus subtil, moins visible.

Si nous sommes concernés pour nous-même, il est temps d’adresser la question en thérapie ou essayer de le faire seul-e. C’est un acte d’auto- bienveillance. Tout ce qui nous permet de soigner nos blessures l’est. N’ayons pas honte, nous avons tous nos blessures, aimons-nous suffisamment pour nous en occuper. Surtout, ne faisons pas l’économie de ce travail ; la vie ensuite va nous paraître plus facile, douce, belle.

Si nous le faisons avec notre chéri-e, mettons-nous en situation de Namaste et posons des questions simples :

  • « Quand te rends-tu compte que je le fais ? »
  • « Peux-tu m’expliquer comment ça se passe ? »
  • Posez toutes les questions auxquelles vous pensez.

Il est possible aussi d’explorer si je ne faisais pas cela : qu’est-ce que cela m’apporterait à la maison, avec les amis, au travail, dans les relations sociales ? Vous allez vous sentir en grandes vacances ! Vos relations vont être plus riches, intéressantes, vous allez véritablement dialoguer avec les autres sur le même niveau.

Cela va donner un grand soulagement et permettre de retrouver peu à peu des zones de confiance, un sens de sécurité, et faciliter grandement la vie des proches.

C’est encore une voie pour se connaître davantage et toujours cheminer vers plus de douceur et de paix.

J’aime beaucoup ma belle-fille, j’ai beaucoup de tendresse pour elle, tout autant lorsqu’elle cherche à avoir raison. De temps en temps, je lui fais un petit clin d’œil ; comme elle est très perspicace, elle comprend tout de suite.

C’est un gros travail en profondeur. Tout en écrivant cette phrase, je me demande si de temps à autre je veux avoir raison ! Ah Ah ! Bonne question ! Je vais demander de ce pas à mes proches.

Sinon, comme disait mon père, c’est toujours le plus intelligent qui doit s’effacer devant l’autre ! … Et ma petite fille lorsqu’elle était petite : « Mamie, je sais que je suis un ange, mais parfois à l’école je n’ai plus envie de l’être ! » Une pépite !

Rappelons-nous : Nous sommes tous un. Ayons beaucoup de compassion les uns pour les autres. Je gage que chacun à notre tour, nous voulons avoir raison. Assurons-nous que cela ne soit pas pathologique.

Je suis ravie d’avoir partagé ce thème avec vous ; portez-vous bien, prenez soin de vous et de ceux que vous aimez.

Si vous avez des sujets que vous aimeriez que j’aborde, ou des questions, j’aurai plaisir à y répondre.

Je vous souhaite tout le bonheur du Monde, Namasté, à bientôt.

 

Marion-Catherine

 

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