Déclics… pour pardonner

Voici quelques arguments essentiels pour accéder au véritable pardon.

Choisir la liberté plutôt que la prison

Le pardon n’est pas d’abord un cadeau qu’on fait à l’autre. C’est une décision qu’on prend pour soi.

Tant qu’on garde la rancune, on laisse l’offense continuer son travail. L’événement est passé, mais nous, on le rejoue chaque jour. On devient le gardien de notre propre prison. Le pardon, c’est rendre les clés.

Le pardon n’est pas l’oubli, c’est la lucidité

Pardonner ne veut pas dire : « Ce n’était pas grave ». Si ce n’était pas grave, il n’y aurait rien à pardonner. C’est regarder la blessure en face, nommer le tort, et décider quand même de ne plus lui donner le pouvoir de définir nos jours. On ne nie pas le passé, on refuse qu’il écrive l’avenir.

Pardonner n’est pas excuser, c’est se délier

Excuser, c’est trouver des raisons à l’autre. Pardonner, c’est couper la corde qui nous attache à lui. On peut pardonner sans reprendre la relation. On peut pardonner sans que l’autre demande pardon. Parce que l’enjeu, ce n’est pas sa conscience, c’est notre paix.

Le pardon est un acte, pas un sentiment

Il ne faut pas attendre de « se sentir prêt ». Le sentiment viendra après, comme la chaleur vient après qu’on ait allumé le feu. Le pardon commence par une décision : « Je choisis de ne plus payer chaque jour l’intérêt d’une dette que l’autre ne remboursera peut-être jamais. »

Se pardonner à soi-même

Le plus dur, c’est souvent de se pardonner. On se condamne pour les choix d’hier avec la sagesse d’aujourd’hui. Mais l’homme de 75 ans ne peut pas juger l’homme de 30 ans avec les mêmes yeux. Se pardonner, c’est accepter qu’on a agi avec les outils qu’on avait à l’époque. C’est se donner le droit de grandir.

Le pardon comme hygiène de l’âme

Comme on se lave les mains pour ne pas tomber malade, on pardonne pour ne pas intoxiquer son cœur. La rancune est une amertume qu’on boit en espérant que l’autre ait mal au ventre. Le pardon, c’est arrêter de boire le poison.

Pardonner c’est redevenir souverain de son temps intérieur

C’est dire : « Tu m’as volé une heure, un jour, une année. Tu n’auras pas le reste de ma vie. »

C’est ça, la vraie liberté.

André Harvey

 

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