Écrire pour se ressourcer
Les spécialistes en santé mentale vous diront d’écrire vos sentiments et vos pensées afin de vous débarrasser des traumatismes. C’est une thérapie qui a été éprouvée avec le temps. Pour une raison inconnue, le fait de décrire un bouleversement aide à guérir. On a l’impression que la douleur est atténuée une fois que notre souffrance a été couchée sur papier. Je ne suis pas psychologue, mais je sais par expérience que c’est vrai.
Ceux et celles qui tiennent un journal vous diront que l’acte de résumer sa journée, qu’elle ait été bonne ou mauvaise, remet les choses en perspective. Les situations semblent moins dramatiques après la relecture de la description des événements. Ce n’est pas un remède miracle, mais le sommeil vient plus rapidement après avoir déversé ses peines sur une page blanche.
Certains individus affirment que la communication orale est la meilleure solution pour soulager. Parfois, c’est impossible. Pour différentes raisons, parler de ses peines cause d’autres problèmes. Je ne dis pas que c’est mauvais, c’est même recommandé. Personnellement, je trouve que l’écriture est plus intime et on peut s’abandonner à révéler des choses qu’on ne souhaite pas dévoiler au grand jour.
Certains ont peur que leur texte soit lu par une tierce personne. Je conseille à ces personnes de brûler ou déchiqueter ce qu’elles ont rédigé. Cela ne réduit, en aucune façon, l’effet thérapeutique de l’acte d’écrire ses pensées.
Comme exemple concret, j’ai écrit le livre L’âge de la misère afin de dénoncer l’abus d’une aînée. Je me sentais impuissante devant le cas dont j’étais témoin. Je ne pouvais rien faire parce que je n’étais pas un membre de sa famille immédiate. J’ai tenté, en vain, de rapporter la situation aux autorités, mais on m’a référée à un autre organisme. Personne ne voulait prendre la situation en charge. On m’a dit que cela ne se passait plus ainsi de nos jours. Je ne suis pas convaincue de cela.
Je souhaitais crier haut et fort afin que la situation se règle, mais je ne m’en sentais pas capable. Je me disais que personne n’écouterait. Les abus et la maltraitance sont rendus si fréquents que les autorités sont débordées. Et puis, qu’est-ce que je pouvais faire devant la famille et les responsables qui fermaient les yeux ? Pour eux, il n’y avait pas de problèmes. Je me disais que ce n’était pas normal de vider l’appartement d’une personne qui se faisait opérer à cœur ouvert. Certains membres de la famille avaient fait comme si elle était morte. Ils avaient partagé ses biens alors qu’elle était encore vivante. La dame âgée a survécu et il n’y a eu aucune conséquence à leur acte.
Ce fut donc par frustration que j’ai écrit le livre L’âge de la misère. Le manuscrit a dormi dans un dossier de mon ordinateur pendant des années. Je ne pensais pas pouvoir le publier. Tout d’abord, je croyais que personne ne serait intéressé. Puis, le processus de publication m’était inconnu. Enfin, je me suis décidée à le soumettre à un éditeur. Je me sentais coupable de ne pas avoir mis la situation au grand jour, surtout après avoir eu connaissance d’une situation semblable lorsque je faisais du bénévolat. Peut-être que ça ne changerait rien, mais le monde serait au courant de l’affaire.
Après un an d’attente et plusieurs refus de la part d’éditeurs, j’ai révisé le manuscrit. J’ai trouvé un éditeur qui m’a aidée à publier mon histoire. J’étais heureuse que la situation soit mise au grand jour. Cependant, l’effet qu’a eu le livre n’a pas été dramatique. J’ai reçu comme commentaire que les lecteurs ne souhaitaient pas lire une histoire à propos de la maltraitance. Toutefois, je suis fière de moi-même d’avoir persévéré à exposer le cas publiquement. Écrire et publier cette histoire m’a fait du bien et j’ai été fière de mon accomplissement lorsque ce livre fut vendu.
Peu importe ce que vous couchez sur le papier et ce que vous faites avec vos notes, la libération ne peut que suivre. Parfois, l’effet n’est pas immédiat, mais je vous assure que vous vous sentirez mieux après avoir mis vos sentiments sur papier. Que ce soit la libération, le soulagement ou l’atteinte de la paix intérieure, l’écriture est un outil pour se ressourcer.
Je dois vous dire que l’écriture a pris beaucoup d’importance dans ma vie depuis que j’ai rédigé mon premier roman. Je me suis souvenue de la joie et du plaisir que j’avais à lire lorsque j’étais plus jeune. Avec la venue d’enfants dans ma vie, j’ai pris la plume pour donner du plaisir aux enfants à travers des histoires pour eux. Puis, une situation m’a rappelé certaines insécurités que j’avais, et que j’ai encore, pendant mon adolescence. J’ai donc écrit et publié deux livres pour adolescents. Mes ouvrages se sont succédés et j’éprouve autant de bonheur à les mettre noir sur blanc qu’à les partager avec mes lecteurs.
Alors, peu importe quoi, quand ou comment vous écrivez, vous ressentirez tous les bienfaits dont vous avez besoin. Je vous encourage à commencer!
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