N’OUBLIEZ PAS VOTRE ENFANT INTÉRIEUR À LA GARDERIE
Je n’en reviens pas comme il est difficile de convaincre les gens d’activer et d’entretenir sa petite fille ou son petit garçon au quotidien. Ce n’est pas un luxe, ça, c’est primordial, j’irais même jusqu’à dire que c’est essentiel pour être heureux dans son quotidien. Sans son enfant intérieur, la vie n’est qu’une série de tâches, de responsabilités et de délais à rencontrer ! Ce n’est pas une vie, ça. Ce ne sera pas la nouvelle centrale nucléaire d’Hydro qui va nous aider non plus. Je trouve ça bien triste de voir autant de gens pognés dans leur merdier avec peu de chances d’en être soulagé sans cet important aspect de leur personnalité. Alors, j’ai demandé à un expert dans ce domaine, un Korrigan nommé Willie.
Les Korrigans sont des lutins qui ne font que jouer des tours jusqu’à l’épuisement de leurs hôtes. Ils sont souvent cachés dans nos maisons ou dans le jardin, ils adorent les fleurs. Ici, Willie se cache parmi les amaryllis devant la maison. Voici donc une autre conversation, un peu saugrenue, celle-là :
– Willie, peux-tu venir ici SVP ?
*Pourquoi ? Je ne fais rien de mal. J’admire tes fleurs rouges.
– Je ne veux pas te chicaner, j’aimerais simplement avoir tes conseils sur notre enfant intérieur.
* Vous l’avez oublié à la garderie, celui-là ! Ça fait bien 30 ans qu’il vous attend ! Vous avez même conçu le temps en trois parties : 8 heures de travail, 8 heures de repos et 8 heures pour le reste, et vous ne faites exactement pas ça! Je ne vous comprends pas, les humains, vous êtes ici pour expérimenter et la seule chose que vous expérimentez aussi peu, c’est la joie du moment présent.
– Je constate bien cela, Willie, mais que suggères-tu, moi je ne sais plus quoi dire.
* Vous ne lui parlez pas, vous passez bien trop de temps à attendre le bon moment, alors qu’il est passé, il y a belle lurette ; vous l’oubliez à la garderie encore et encore. Votre enfant doit vous entendre lui dire :
- Qu’il a de l’importance dans votre vie.
- Qu’il soit en sécurité, vous ne l’oublierez plus à la garderie.
- Vous l’aimez.
- Votre bonheur est aussi important que la lessive ou le ménage.
- Ses sentiments et son intuition méritent d’être écoutés.
- Vos déboires, depuis le début, ne sont pas sa faute. Votre parent critique est bien plus à blâmer que votre enfant intérieur.
- De quoi avez-vous besoin à l’instant ? Le moment présent est là où il réside.
- Vous allez surmonter tous ces défis ensemble, il est l’innovateur et le plus doué pour trouver des solutions.
- Il tente continuellement de vous dire que l’état d’esprit d’autrui ne vous incombe pas.
- Votre voix, vos défis, vos inquiétudes sont aussi valables que les siens; il faut donc collaborer pour surmonter les défis de l’heure.
- il doit vous entendre dire que vous êtes là pour lui ou elle.
Pour réussir ce tour de force, il y a six étapes, petit homme :
- Présentez-vous à lui, il doit aussi connaître les autres facettes de votre personnalité ; le soir, en vous couchant, c’est un bon moment.
- Dites-lui que vous travaillez assidûment à soigner vos blessures et même celles de vos ancêtres.
- Rassurez-le que vous ne ferez pas de bêtise sans lui en parler.
- Les repas seuls sont aussi un moment opportun pour le saluer ; votre enfant est une bibitte à sucre.
- Validez les émotions que votre enfant vous transmet.
- Permettez-vous d’expérimenter du plaisir régulièrement, même à petite dose.
* Et finalement, petit homme, valide sa présence et son importance en :
- Visualisant son apparence.
- Dis-lui ce que tes parents ne t’ont pas dit.
- Demande-lui de partager ses humeurs et les émotions qu’il vit en même temps que toi.
- Rassure-le que tu ne l’abandonneras plus à la garderie, petit homme.
- Trouve une image où vous serez tous les deux en sécurité et lorsque l’anxiété vient à votre rencontre, allez là avec votre enfant intérieur. Ce peut être une photo d’un endroit déjà visité ou que vous aimeriez aller, etc.
– Willie, au lieu de cacher mes outils de jardin, tu devrais continuer d’offrir des conseils. C’est génial, mon ami.
Le soir venu, j’ai regardé mes amaryllis autrement. Peut-être que Willie avait raison : notre enfant intérieur ne demande pas grand-chose, seulement qu’on cesse de le laisser attendre derrière une porte imaginaire, avec son petit sac à dos rempli de rêves, de peurs et de questions. On passe tellement de temps à devenir sérieux qu’on finit parfois par oublier comment être vivant.
Alors, si vous entendez un petit bruit dans le jardin, ne soyez pas surpris. Ce n’est peut-être pas le vent. C’est peut-être votre enfant intérieur qui revient de la garderie, accompagné d’un Korrigan un peu tannant, mais franchement utile.
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N’oubliez pas votre enfant intérieur à la garderie N’oubliez pas votre enfant intérieur à la garderie N’oubliez pas votre enfant intérieur à la garderie













