Rien ne se passe… et où tout se replace

Il y a des mois où la vie nous surprend, nous bouscule, nous ouvre des portes inattendues. Et il y a des mois comme celui-ci.

Des mois où rien ne se passe. Rien de spectaculaire. Rien de romanesque. Rien de croustillant à raconter dans une chronique de célibataire.

Pas de match Facebook Rencontre. Pas de conversation qui démarre. Pas de flirt, pas de clin d’œil, pas de synchronicité amoureuse. Pas même un petit frisson de « peut-être que… ».

Juste… rien.

Et pourtant, ce « rien » n’est pas vide. Ce « rien » n’est pas un échec. Ce « rien » n’est pas une punition cosmique.

Ce « rien » est un espace. Un espace où l’on se retrouve. Un espace où l’on se recentre. Un espace où l’on se choisit.

Et c’est exactement ce que j’ai vécu ce mois-ci.

Un mois sans histoire… en apparence

Je pourrais vous raconter que j’ai offert un petit cadeau à mes enfants, comme je le fais toujours. Un toutou, des suçons, une carte signée par mon père — un geste simple, tendre, qui dit : je pense à vous, je vous aime, même dans les mois ordinaires.

Je pourrais vous dire que d’habitude, je vais à la cabane à sucre, mais que cette année, je ne sais pas encore. Et comme la chronique doit être remise avant le 8 février, je ne peux pas vous inventer un futur qui n’est pas encore décidé.

Je pourrais vous dire que Facebook Rencontre est resté aussi immobile qu’un lac gelé. Pas un like. Pas un match. Pas un début de conversation. Pas même un faux espoir.

Je pourrais même vous parler de mon voisin qui me fait suer, de la charge mentale et matérielle que je porte seule dans un sixplex où la cohabitation ressemble parfois plus à un test karmique qu’à un partage équitable.

Mais ce n’est pas ça, le cœur de la chronique.

Parce que ce mois-ci, la vie ne m’a pas donné une histoire à raconter. Elle m’a donné un miroir.

Quand rien ne bouge dehors, c’est que quelque chose bouge dedans

Le célibat n’est pas une punition. Ce n’est pas un désert. Ce n’est pas une salle d’attente.

Le célibat est une terre. Une terre vivante. Une terre qui respire, qui se régénère, qui se prépare.

Et parfois, cette terre a besoin d’un mois sans mouvement extérieur pour réorganiser ses racines.

Ce mois-ci, j’ai senti que ma vie me ramenait à l’essentiel :

  • mes enfants,
  • mon cœur,
  • mes gestes simples,
  • ma souveraineté,
  • ma dignité,
  • ma capacité à me tenir debout, même quand personne ne me tient la main.

Ce n’est pas un mois spectaculaire. C’est un mois fondamental.

La souveraineté dans les mois ordinaires

On parle souvent de souveraineté dans les grands moments : les décisions majeures, les ruptures, les recommencements, les révélations.

Mais la vraie souveraineté se joue dans les mois où il ne se passe rien.

Quand personne ne nous applaudit. Quand personne ne nous choisit. Quand personne ne nous écrit. Quand personne ne nous propose un café, un verre, un avenir.

La souveraineté, c’est ce que l’on fait quand on est seulement face à soi-même.

C’est la manière dont on se parle. Dont on se traite. Dont on se respecte. Dont on se porte.

C’est la dignité silencieuse de continuer à avancer, même sans témoin.

Le célibat n’est pas un manque — c’est un espace sacré

Ce mois-ci, j’ai réalisé que je n’avais rien à prouver. Ni à moi-même. Ni à la société. Ni à un futur partenaire hypothétique. Ni à Facebook Rencontre.

Je n’ai pas besoin d’une histoire d’amour pour valider mon existence. Je n’ai pas besoin d’un match pour me sentir intéressante. Je n’ai pas besoin d’un rendez-vous pour me sentir vivante.

Je suis vivante. Je suis complète. Je suis souveraine.

Et si l’amour doit venir, il viendra. Pas parce que je l’attends. Pas parce que je le cherche. Pas parce que je me force à liker des profils qui ne me parlent pas.

Il viendra parce que je suis prête. Parce que je suis alignée. Parce que je suis dans ma vérité.

Et ce mois-ci, ma vérité était simple : je n’avais rien à forcer.

Le courage de ne rien inventer

Il y a une pression subtile, quand on écrit une chronique, de toujours avoir quelque chose à raconter. Une anecdote. Une rencontre. Un malaise. Un espoir. Un échec. Un moment drôle ou touchant.

Mais la vie n’est pas un feuilleton. La vie n’est pas un scénario. La vie n’est pas un divertissement.

La vie est un cycle. Et dans les cycles, il y a des saisons.

Ce mois-ci, j’étais en saison de repos. En saison de terre. En saison de silence.

Et j’ai choisi de l’honorer.

Le célibat comme acte de maturité

Être célibataire, ce n’est pas attendre quelqu’un. C’est se construire soi-même.

C’est apprendre à vivre sans se diminuer. Sans se disperser. Sans se perdre dans les autres. Sans se sacrifier pour être aimée.

C’est apprendre à dire : « Je suis ici. Je suis moi. Je suis entière. Et je ne me braderai pas. »

C’est apprendre à reconnaître que l’amour n’est pas une urgence. Que la solitude n’est pas un échec. Que la dignité n’est pas négociable.

C’est apprendre à porter sa vie avec noblesse, même quand personne ne la voit.

Le mois où j’ai donné à ceux qui comptent

Je n’ai pas eu de rendez-vous. Je n’ai pas eu de flirt. Je n’ai pas eu de surprise romantique.

Mais j’ai donné à ceux qui comptent. À mes enfants. À mon cœur. À ma lignée. À ma vérité.

Et parfois, c’est ça, l’amour. Pas celui qu’on reçoit. Celui qu’on donne.

Le célibat comme terre fertile

Ce mois-ci, il ne s’est rien passé. Et pourtant, tout s’est replacé.

J’ai senti ma souveraineté se renforcer. J’ai senti ma dignité se redresser. J’ai senti mon axe se solidifier. J’ai senti ma vie intérieure prendre de l’expansion.

Je n’ai pas avancé en apparence. Mais j’ai avancé en profondeur.

Et c’est souvent là que commence la vraie transformation.

Alors, si vous vivez un mois où « il ne se passe rien », ne vous découragez pas. Ce n’est pas un vide. C’est une gestation. C’est une terre qui se prépare. C’est un espace qui se purifie. C’est une souveraineté qui se construit.

Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.

Julie L.

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