Ozempic : l’illusion qu’on a choisie!

Dans l’univers de la santé et du bien-être, un enjeu avec lequel je suis confrontée si souvent dans la dernière année, c’est la montée fulgurante des prescriptions d’analogue du GLP-1 à tout vent, même sans les conditions pour lesquelles ces médicaments ont été conçus.

Le triste constat que je vois dernièrement, c’est la volonté de trouver une voie rapide pour atteindre des objectifs qui, encore une fois, sont orientés sur le poids physique et peu sur le bien-être global.

Et si ton corps était déjà équipé pour faire la même chose naturellement ? J’avais envie de t’amener à mieux comprendre l’intérêt des produits tels qu’Ozempic, leur utilisation et le revers de ceux-ci. Et comme j’aime conclure en t’amenant des pistes de solutions, je te partagerai des pistes de solutions naturelles pour offrir à ton corps de redécouvrir sa capacité à produire cette hormone essentielle.

Mais qu’est-ce que sont vraiment Ozempic et ses dérivés ?

Avant de chercher à comprendre Ozempic, il faut d’abord comprendre l’hormone GLP-1 (glucagon-like peptide-1) que le corps produit naturellement. Quand tu offres de la nourriture à ton corps, les cellules L de ton intestin libèrent du GLP-1 en quelques minutes. Cette hormone agit sur plusieurs fronts en même temps dans ton corps :

  • Au niveau du pancréas, elle stimule la sécrétion d’insuline si la glycémie est élevée.
  • Au niveau du cerveau, elle envoie un signal de satiété.
  • Au niveau de l’estomac, elle ralentit la vidange gastrique, donc tu as le sentiment de satiété qui reste plus longtemps.
  • Au niveau du foie, elle stoppe la production de glucose.

Son effet est extrêmement éphémère et se dégrade en quelques minutes. Son effet est bref pour la simple raison qu’il s’inscrit dans un cycle hormonal complexe (grhéline, leptine, insuline, glucagon, etc.) et qu’il sert à envoyer des signaux précis à des moments précis. Il n’est pas fait pour avoir une durée de vie prolongée au risque de déséquilibrer d’autres systèmes. C’est la différence majeure entre le GLP-1 naturel et les peptides synthétiques : la durée de vie.

Qu’en est-il d’Ozempic ? Il faut comprendre qu’Ozempic est une marque, mais qu’il est ici question, dans les différents produits de peptides de synthèse (semaglutide, liraglutide, etc), des chaînes d’acides aminés fabriquées en laboratoire et conçues pour ressembler au GLP-1 humain, mais capables de résister à la dégradation enzymatique, donc d’avoir une durée de vie plus longue.

Ils sont créés par biotechnologie, pas par synthèse chimique classique. Ce sont des bactéries ou des levures génétiquement modifiées qui sont programmées pour produire la molécule, qui est ensuite purifiée. C’est le même type de procédé que pour l’insuline synthétique, ce qui explique en partie pourquoi ces médicaments coûtent cher à produire et sont difficiles à fabriquer en grande quantité.

En résumé, ce sont des copies améliorées et durables d’une hormone que ton corps produit déjà, fabriquées par biotechnologie, et conçues pour faire ce que ton GLP-1 naturel fait, mais pendant des jours au lieu de quelques minutes. La sophistication de leur conception est réelle, ce qui rend d’autant plus important de comprendre qu’ils ne sont pas anodins. Quand il est question de répondre à un diagnostic ou d’un enjeu de santé qui n’arrive pas à produire lui-même le GLP-1, l’introduction des médicaments peut être un outil pertinent pour une période donnée afin de permettre au corps de réparer une condition majeure de santé.

L’enjeu : quand le médicament devient le raccourci

Tout ça serait une belle histoire de biochimie si on s’arrêtait là, mais ce n’est pas ce qui se passe.

Ce qu’on observe depuis quelques années, c’est un glissement. Ces médicaments, conçus pour des conditions médicales sérieuses, sont devenus la réponse à un tout autre problème, un problème qu’on a collectivement refusé d’adresser autrement.

Les taux d’obésité ont explosé, pas par malchance, mais bien par accumulation de choix sociétaux. On bouge moins, on mange de plus en plus transformé, on vit à un rythme qui laisse peu de place à ce qui demande du temps et des efforts. Et plutôt que de s’attaquer à ces conditions-là, on a trouvé plus commode de chercher une molécule qui simule ce que le corps ferait naturellement si on lui en donnait les moyens.

C’est là que ça devient problématique. Parce qu’on ne parle plus d’un médicament utilisé pour soigner, on parle d’un médicament utilisé pour contourner. Contourner la satiété qu’on aurait en mangeant autrement. Contourner la régulation glycémique qu’on aurait en bougeant. Contourner, en somme, les conditions naturelles qu’on s’est refusées.

Et le corps, lui, ne fait pas la distinction. Les effets secondaires arrivent indépendamment de la raison pour laquelle tu prends le médicament. Les effets secondaires de ces médicaments ne sont pas anecdotiques. Et ils ne font pas de distinction entre le patient diabétique qui en a médicalement besoin et celui qui cherche à perdre du poids avant l’été.

Le système digestif est le plus touché au départ : nausées, vomissements, reflux, constipation ou diarrhée.  Pour la plupart, ça s’atténue. Pour d’autres, ça reste invalidant.

Mais il y a également des effets plus sérieux qui méritent qu’on s’y attarde. La gastroparésie, une paralysie partielle de l’estomac, est l’un des plus préoccupants. Le médicament ralentit la vidange gastrique pour prolonger la satiété. Chez certaines personnes, ce ralentissement devient permanent, même après l’arrêt du traitement. L’estomac ne reprend pas le rythme normal. C’est un effet indésirable grave, irréversible dans certains cas.

Il y a aussi la perte musculaire, qu’on évite d’aborder dans la conversation actuellement. Une part significative du poids perdu sous ces traitements n’est pas du gras, c’est de la masse musculaire. Et la masse musculaire est essentielle dans la longévité et pour vieillir « jeune » longtemps. Sans programme d’exercices structuré en parallèle, le corps s’allège, mais pas nécessairement dans le bon sens. Et chez quelqu’un qui n’a pas d’obésité sévère à traiter, cette perte est proportionnellement encore plus dommageable.

La pancréatite figure aussi dans le tableau, une inflammation potentiellement grave d’un organe central à toute la régulation métabolique.

Enfin, il y a ce qu’on commence à peine à regarder sérieusement : les effets psychiatriques. Des cas de pensées suicidaires et de dépression ont été rapportés en nombre suffisant pour que la FDA et l’EMA ouvrent des enquêtes formelles. On ne sait pas encore quoi en conclure. C’est précisément le problème : on prescrit à grande échelle une molécule dont on n’a pas encore le recul pour mesurer tous les effets à long terme.

Et à l’arrêt ? C’est peut-être là que le raccourci montre le mieux ses limites. Dans la majorité des cas, le poids reprend, souvent rapidement, parfois même au-delà du point de départ. Parce que le médicament n’a pas changé les habitudes. Il les a suspendues. Le signal de satiété artificiel disparaît, la faim revient, et les conditions qui ont mené au problème initial sont toujours là, intactes. On n’a pas traité la cause. On a emprunté une solution temporaire.

Activer ton propre GLP-1

L’ironie dans tout ça, c’est que le corps a déjà le système en place. Bouger régulièrement, manger des aliments riches en fibres et en protéines, prendre soin de son microbiome intestinal, tout ça stimule la production naturelle de GLP-1 et ralentit sa dégradation.

Ozempic n’est pas le problème! C’est l’illusion qu’on accepte!

Il reflète une époque où l’on a médicalisé les conséquences d’un mode de vie qu’on refuse de remettre en question. Ces médicaments ont une place légitime et importante en médecine, pour les personnes qui en ont vraiment besoin, sous supervision, avec un suivi sérieux. Mais utilisés comme raccourci collectif, ils nous donnent l’illusion de régler quelque chose qu’on n’a pas encore eu le courage d’adresser.

Le GLP-1 naturel dure cinq minutes, pas par défaut, mais parce que le corps a besoin de signaux précis, ancrés dans la réalité de ce qu’on lui offre. Quand on court-circuite ce système indéfiniment, on ne le répare pas. On lui apprend à ne plus essayer! Le corps n’est pas défectueux volontairement, il n’a pas besoin d’être remplacé, il a besoin d’être soutenu pour faire ce qu’il a toujours su faire.

La question, ce n’est pas : « Est-ce que j’ai besoin d’utiliser Ozempic et ses dérivés ? ». La vraie question, c’est : « Est-ce que je donne à mon corps les conditions pour faire ce qu’il sait déjà faire ? »

 

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