Sommes-nous vraiment des chercheurs de vérité? René Descartes (1596-1650) dit qu’en tant que chercheur de vérité, il est nécessaire qu’au moins une fois dans sa vie on puisse douter de tout sans exception. Les philosophes du passé peuvent bien avoir tort ou raison. Mais ne sommes-nous pas forcés d’admettre que cette absence de remise en question est bel et bien l’obstacle majeur de la civilisation dans laquelle nous avons eu l’opportunité de prendre naissance? En effet, nous avons le plus grand mal à douter de nos dogmes culturels et religieusement scientifiques; le premier de tous étant cette hypothèse incontrôlable selon laquelle la force vitale qui anime notre corps physique proviendrait d’une manipulation génétique ou d’un subtil mélange de produits chimiques. Nul ne sait bien entendu comment de tels produits ont pu soudain jaillir du néant et par quel tour de magie ils ont réussi à créer la conscience et la vie. Une telle spéculation n’a évidemment jamais été prouvée en laboratoire mais passe pourtant comme vérité d’Évangile.

Au mieux, les professeurs de biologie nous donnent un chèque en blanc en spéculant que « dans un proche futur » nous serons en mesure de prouver que la vie vient de la matière et que la pensée provient du cerveau. Mais ce chèque n’a aucune valeur réelle dans le présent, et c’est l’instant présent qui compte, le reste n’est que bavardage. Comprenez que je ne suis ni évolutionniste ni créationniste; en tant que chercheur de vérité, je me glisse comme je peux entre ces deux lignes de pensée, et pour suivre le conseil de notre bon vieux Descartes, je me permets de douter de la science sans spiritualité des uns, et de rester perplexe de la spiritualité sans science des autres. Si, dans un futur plus ou moins éloigné, un scientiste génial parvenait à créer une forme de conscience, il aura prouvé que la conscience ne vient pas de la matière inerte mais de la conscience elle-même puisqu’au préalable il lui faudra être lui-même conscient pour créer cette sorte de conscience.

La conscience vient de la conscience. La vie vient de la vie. Rien ne peut venir de rien et il n’y a pas d’horloge sans horloger. Si l’intelligence artificielle vient d’un programme conçu par une intelligence humaine, pourquoi ne pas concevoir que l’intelligence humaine ne viendrait pas d’un programme conçu par une Intelligence Universelle? On comprend que la religion et la science n’ont rien à voir là-dedans. Ce n’est que du gros bon sens. Tous les jardiniers savent que sans le jardinier le jardin n’est qu’un terrain vague. C’est peut-être ce genre de réflexion qui faisait dire à Albert Einstein, prix Nobel de physique à l’origine de notre ère nucléaire : « Je veux savoir comment Dieu a créé ce monde. Je veux connaître Ses pensées, tout le reste n’est qu’un détail sans importance ».

Pour la plupart des scientifiques du 19ème siècle, la conscience n’était rien d’autre qu’une réaction hypothétique entre quelques neurones impossibles à localiser avec précision. C’était irrespirable. Adolescent, ce dogme indécrochable m’aura fait décrocher des études académiques. Le problème est que nous prétendons savoir mais qu’en réalité nous ne savons rien, ni de l’origine ni de l’entière fonction de ces mystérieux neurones. Comment et pourquoi sommes-nous conscients? L’éducation moderne n’est pas très bavarde à ce sujet et évite par conséquent de se poser les vraies questions à propos de la vie comme à propos de la mort.

Heureusement, depuis quelques années les choses commencent à bouger. Pour les nouveaux physiciens, c’est la conscience qui conditionne la matière; ce n’est pas la matière qui conditionne la conscience. Croire que le phénomène du vivant provient d’un élément inerte a mené la société vers la dévalorisation de la personne humaine, la robotique tout-azimut et l’indifférence impersonnelle généralisée. Il n’est pas surprenant que le célèbre neurochirurgien Eben Alexander, M.D., auteur du #1 New-York Times Bestseller Proof of Heaven, affirme haut et fort que « le vide spirituel de notre société crée une véritable vague de désespoir chez un nombre grandissant de personnes », épidémie nationale d’overdoses d’opioïdes et nombre de suicides record aux tableaux des statistiques comme preuves à l’appui.

Découragés par l’hypocrisie religieuse, nous avons jeté notre bébé mystique avec l’eau du bain de la révolution industrielle. C’était sûrement un geste utile pour se débarrasser d’un lourd carcan ecclésiastique qui tenait le peuple dans la culpabilité et la peur des politiques judéo-chrétiennes. La solution serait de rétablir le lien entre notre conscience et celle de l’univers. Nous pouvons retrouver l’existence primordiale de la conscience. Nous pouvons le faire naturellement, indépendamment, librement et sans être obligé d’en faire tout un culte sectaire. Selon le grand spécialiste de la physique quantique Amit Goswami, Ph.D., la conscience ne peut tout simplement plus être ignorée. Le neurochirurgien Alexander renchérit en disant que nous avons besoin d’une révolution de la conscience humaine afin de recouvrer le sens de l’évolution de l’existence.

Des voix se sont élevées dès le début du 20ème siècle avec des chercheurs de renom comme Sir John C. Eccles, décédé en 1997 à un âge fort avancé. Il n’hésitait pas à avouer que le mystère humain est grandement déshonoré par, je cite, « les bigots du réductionnisme scientifique », pour qui l’évidence des dimensions spirituelles est réduite à un simple schéma d’activités neuronales. Sir John trouvait que cette croyance aveugle en une théorie non prouvée scientifiquement devait être classée dans la rubrique des superstitions.

Ironie du sort : c’est pourtant ce genre de superstition qui figure encore de nos jours dans le statu quo des programmes d’éducation, au nom d’une sacro-sainte laïcité, elle-même devenue religion d’état. Ce qui me fait dire qu’à bien y penser, l’être humain aura toujours une sorte de religion, car s’il n’a pas la religion du libre discernement, il inventera la religion de la ségrégation, du totalitarisme et de la contrainte culturelle. S’il n’a pas la religion de l’amour, il créera une religion idéologique (capitalisme, communisme, libéralisme, etc.), ou une religion interpersonnelle (héros du sport, célébrités, meneurs politiques, etc.). Peu importe, après tout.

Absolument tout dans l’existence semble conforme à une volonté non-locale; tout semble suivre un plan cosmique qui dépasse l’entendement humain actuel. Chaque système de société correspond à un besoin d’évolution précis pour chaque peuple de la planète. Les hommes évoluent souvent par l’expérience de la  violence, même si c’est loin d’être une nécessité. Ils pourraient tout aussi bien évoluer par l’expérience de la tendresse. Mais d’une manière ou d’une autre, et malgré les apparences, tout semble à la bonne place dans le cosmos au niveau de l’évolution de la conscience. Le hasard n’existe pas, ou alors le hasard est intelligent et il fait vraiment bien les choses. C’est rassurant. Quoi qu’il en soit, chacun devrait ressentir intuitivement que la réalité de notre quotidien se situe au-delà de toute laïcité comme de tout système de croyance institutionnalisée. Même si la mécanique quantique tend à le prouver, nous n’avons pas besoin d’avoir un doctorat en physique moléculaire pour savoir intuitivement qu’une autre dimension existe, au-delà de la conscience rationnelle cérébrale. Nous le ressentons parce que nous ressentons que nous sommes vivants. Nous sommes naturellement conscients de notre conscience.

Il existe une conscience extra-neuronale intuitive qui ne dépend pas du cerveau. Dans son ouvrage de référence, « La médecine face à l’au-delà« , le Docteur J. J. Charbonier, anesthésiste-réanimateur, explique que cette mystérieuse conscience hors cerveau est maintenant devenue une évidence pour nombre de professionnels de la santé confrontés aux millions de cas de rémissions spontanées que l’Ordre des Médecins oublie volontairement de répertorier.  Parallèlement, il existe une autre réalité, au-delà du voile des apparences, au-delà du mirage de la stabilité illusoire des objets de ce monde. Plus nous nous rapprochons de cette belle réalité et plus nous devenons heureux. Plus nous nous en éloignons et plus la lutte pour l’existence devient ardue, laborieuse et de plus en plus misérable.

Il existe deux façons d’être trompé par les apparences : l’une est de croire ce qui n’est pas réel, et l’autre est de refuser de croire à ce qui est réel. J’aime explorer cet entre-mondes où ne figure ni Dieu de religion ni Dieu de laïcité, car c’est dans cet espace souvent oublié que j’ai le plus de chances de rencontrer mon archange miracle personnel, ma muse, mon inspiration, mon ange gardien, cette présence supra-logique qui ne juge pas mes défauts, et qui m’aime vraiment pour ce que j’ai été dans le passé, pour ce que je suis aujourd’hui et pour ce que je ne suis pas encore. Cet amour-là ne juge pas. C’est un amour qui n’a pas besoin d’être aimé pour aimer. Cette Présence existe; elle est inconcevablement une avec nous, une en nous, et simultanément, elle se trouve instantanément distincte de nous. Pourtant, chacun ressent dans son cœur intuitif son omni-conscience. Elle est différenciée et non-différenciée dans un même instant d’éternité. Elle prend soin de nous et se sent concernée par le moindre de nos désirs et par la moindre de nos émotions. Cette petite voix intérieure, cristalline comme une source d’eau fraîche, chacun peut l’entendre s’il se met à l’écouter en silence, dans le calme d’un marche contemplative en forêt, dans la solitude de ses méditations ou dans l’intimité de ses prières; en fait, je pense que chacun d’entre nous ressent à sa manière cette présence sacrée sans nécessairement en parler.

Toutes les personnes qui ont eu la grâce d’explorer en esprit les dimensions agrandies de la conscience en témoignent unanimement : une des plus grandes erreurs que nous faisons lorsque nous pensons à Dieu est d’imaginer un Dieu abstrait et impersonnel. Oui la réalité divine est super-subjective et ne peut donc être quantifiée en nombres, en chiffres, en poids et en mesures, mais paradoxalement la présence miraculeuse de l’archange intérieur est « humaine », et même beaucoup plus humaine que notre humanité, dans la mesure où elle comprend, compatit et sympathise avec nos drames humains d’une manière beaucoup plus profonde et personnelle que nous ne pourrions jamais l’imaginer.

Soyons clair : pour le visionnaire intérieur, un archange est la représentation symbolique d’une énergie spécifique. Ce n’est pas un élément de catéchisme. Au-delà de la charge émotive du mot, l’archange est la personnification d’une puissance cosmique particulière. C’est un esprit-énergie mis en pouvoir par l’Esprit Universel pour assumer une certaine fonction dans l’élaboration des forces de la nature. Et qu’est-ce qu’un miracle? Tout le monde sait qu’un miracle est un phénomène naturel qui reste inexplicable tant et aussi longtemps que la technologie qui pourrait l’analyser n’a pas encore été inventée. Pour donner un exemple, disons que pour les membres des tribus primitives de Bornéo, qui ne connaissent peut-être pas encore les lois de l’aérodynamique, un avion est un miracle. Pareillement, les guérisons spirituelles passent pour des miracles aux yeux de la communauté médicale. On n’utilise pas le mot miracle mais plutôt l’expression « rémission spontanée », ce qui signifie en réalité la même chose. Il n’y a rien de plus naturel que le surnaturel.

Chacun de nous possède en soi la présence de l’archange miracle. Cette présence infinie transcende le monisme comme le dualisme et les harmonise dans une synthèse absolue. On nomme cette présence comme on veut et de la manière dont on est en mesure de la concevoir, impersonnelle et personnelle, féminine et masculine. Notre archange possède tous les attributs divins simultanément. Avec les ailes d’un ange ou sans ailes du tout, peu importe. Avec ou sans auréole, l’archange représente notre âme-esprit, cette force vitale qui n’est jamais affectée par les épreuves de la vie. L’archange miracle est nous et simultanément est différent de nous. Nous sommes un et différents. Nous, c’est-à-dire notre essence indestructible, notre conscience vitale immortelle qui n’est pas concernée par les anxiétés de nos fausses identifications mondaines. Même l’explosion d’un millier d’engins nucléaires ne pourrait détruire cette force de vie. « Aucune arme ne peut la fendre et aucun feu ne peut la brûler », dit la Bhagavad-Gita. Seuls le corps de matière et tous les pseudo accomplissements qui lui sont reliés sont appelés à être détruits par les forces entropiques de la nature. Seule la conscience-âme survit à la mort. Pour que la vie retrouve un sens et que nous reprenions espoir en l’infini, cela ne peut pas ne pas être.

La conscience est simultanément un électron de la Conscience Suprême, une âme individuelle, une individualité distincte, éternelle, sans début ni fin, parcelle infinitésimale d’une Âme Totale Infinie. La partie est dans le Tout et le Tout se retrouve dans la partie. L’univers est holographique. Les mots sont trop limités pour décrire la beauté radieuse de notre âme issue de la Beauté Suprême Infiniment Attirante. Elle est unité individuelle parfaite, étincelle complète en elle-même, partie intégrante d’une Conscience Parfaite, Divine, Vivante et infiniment Aimante, dont elle possède de façon microcosmique les attributs infinis. Ce pouvoir qui est le sien et qui lui donne la possibilité inouïe de survivre à la dissolution du corps physique, lui vient de la Force Vitale Suprême. Ce pouvoir de survie se situe au-delà de toute explication de la médecine occidentale. La raison en est que les limites imposées par les idées préconçues de notre éducation matérialiste sont incomplètes. En réalité, le cerveau ne crée pas la conscience. À ce niveau, la science moderne se trouve au bord d’une révolution fondamentale, et elle en est bien consciente.

Prah-Ladji Patrick Bernard