Dieu a tout fait avec simplicité. La vie sur la Terre est une chose fort simple. La seule loi véritable est la loi de la Nature, la loi du Grand-Esprit. Nous n’avons pas forcément besoin de théologies complexes, de grands temples ou d’églises luxueuses. Nous avons les collines et les forêts pour nous servir d’églises. Et nous n’avons pas besoin de dogmes. La création du monde est un message écrit en lettres de lumière. Nous avons le vent, la pluie et les étoiles qui peuvent nous servir de Bible. Nous remercions le Créateur pour les fruits des arbres, pour les céréales des champs, pour les abeilles qui pollinisent les jardins, pour l’eau claire et limpide des ruisseaux qui abreuvent les animaux.

La Terre est notre mère, elle porte les générations; ses collines et ses plaines nourrissent toutes les nations. Nous ne demandons rien au Créateur car nous savons qu’Il sait d’avance ce dont nous avons besoin pour vivre. Nous Le glorifions et nous glorifions Sa création. La seule chose que nous Lui demandons est une bénédiction, une grâce, une relation d’amour infini entre l’humain et le Divin. Cette bénédiction s’étend à toute la Terre et à tous les humains quels qu’ils soient, ainsi qu’à toutes les générations qui nous survivront dans le temps et l’espace, jusqu’à la septième génération. Puisse le monde que nous laisserons à nos petits-enfants être meilleur que celui que nos parents nous ont laissé. La Terre est notre mère et nous lui offrons la lumière. Nous lui offrons l’appel du Grand-Esprit et Son amour à l’infini afin que les rythmes immortels du cosmos puissent à jamais battre dans nos cœurs. Oh Grand-Esprit! Terre et ciel et mer, Tu es en nous et tout autour de nous, dans chaque étoile, dans chaque brin d’herbe, dans chaque saison. Nous ressentons cette présence de vie. Le Créateur est présent dans le parfum des fleurs, dans la lumière du soleil. Les splendeurs des galaxies ne représentent qu’une infime fraction de Sa beauté. Tout est simple parce que tout est animé d’une étincelle de vie divine. Aho!

Ces mots font référence au globe terrestre en tant qu’entité vivante et au Cerveau Cosmique, le noumène qui sous-tend les phénomènes de la nature, ce que les neurochirurgiens d’avant-garde nomment un « Mindful Universe », c’est-à-dire un univers incommensurable qui possède une intelligence inconcevable. Ne croyons pas que la Terre soit une chose inerte et qu’il est possible de l’exploiter indéfiniment pour notre propre plaisir sans que personne n’ait à souffrir des inévitables conséquences. La Terre est un être vivant. La Terre est un être qui pense rationnellement. Elle possède un esprit, une raison, une mémoire, des sentiments et des émotions qui sont en lien direct avec les activités humaines. En deux mots : la Terre a une âme sensible et elle le fait savoir à intervalles réguliers lorsque nos activités humaines la font trop souffrir.

Quand on aborde ces sujets, il ne faut pas s’étonner des réactions très diverses que nous rencontrons de la part de beaucoup de nos contemporains. Les ethnologues sérieux qui font une recherche sans préjugés à propos des origines du continent américain sont forcés d’abandonner les versions officielles et « légales » de l’histoire. Qu’ils ne se fassent pas d’illusions : ils n’auront aucun soutien politique ou médiatique et n’auront aucun subside de la part des académies ou des ministères. Il ne faut pas s’en étonner. On sait que ce sont les dominateurs et les conquérants qui écrivent l’histoire afin de justifier le pouvoir en place. Les « historiens » de nos livres d’école ont donc ainsi passé sous silence le fait que le pouvoir en place a été acquis par des guerres bactériologiques d’un cynisme et d’une cruauté sans nom durant lesquelles des milliers de « couvertures », ainsi que d’autres matériaux volontairement contaminés par les virus de la petite vérole et du typhus ont été distribués aux familles des Premières Nations qui ne connaissaient pas ces maladies et qui n’avaient donc pas les anticorps pour les combattre. Il faut savoir ce qui s’est passé  pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Des millions d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards ont ainsi été assassinés sans discrimination. Les pandémies qui secouent la planète de nos jours seraient-elles alors les réactions de ces épouvantables stratégies colonialistes? Si on applique la troisième loi de Newton selon laquelle une action entraîne inexorablement une réaction égale et opposée, on est en droit de se poser la question. Ce qui a été semé un jour doit être récolté un autre jour.

Ces tragédies de colonisation sauvage ne sont pas le monopole des USA, du Canada ou de la « Nouvelle France » puisqu’elles se sont répandues partout sur la planète à partir de la fin du 15ème siècle. Il ne faut donc pas s’étonner qu’une telle civilisation ne puisse que récolter les graines virulentes qu’elle a semées il y a tout juste quelques centaines d’années. Avec le génocide systématique des cultures ancestrales, des connaissances essentielles à la survie de l’humanité ont été perdues et c’est ce qui nous intéresse ici. Avec l’holocauste des sciences primordiales, l’homme colonisé a perdu le sens des choses vivantes et a commencé à percevoir la personne humaine comme un mélange de produits chimiques, et la planète comme un vulgaire bloc de matière flottant dans un espace vide. L’homme a perdu son âme et la Terre-Mère n’a plus été pressentie comme une entité vivante à part entière, un être vivant réagissant à la nature de nos activités et à la qualité de nos sentiments. Une ancienne prophétie amérindienne (du peuple Cree) nous prévient que lorsque le dernier arbre aura été abattu, lorsque la dernière rivière aura été empoisonnée et lorsque le dernier poisson aura été retiré de l’océan, seulement alors nous comprendrons que l’or et l’argent ne peuvent pas être une source de nourriture. La tempête est à nos portes et le temps des changements est venu.

Si la Terre est malade ce n’est pas par hasard. Pareillement, on n’attrape pas une grippe ou un cancer parce qu’on est malchanceux. La sagesse des Anciens nous apprend que la maladie n’est ni une punition, ni un châtiment, ni une récompense : c’est tout simplement un résultat. Lorsque la maladie se manifeste et que le corps n’est pas encore arrivé au terme de ses ressources, c’est que le malade n’a suivi ni les lois du respect de son corps ni celles de la Terre. Pour les Anciens, le corps de l’homme est relié subtilement au corps de la Terre. La maladie est un message : on n’a pas fait ce qui devait être fait pour la prévenir. Le respect de l’esprit de la Terre nourricière, l’estime de l’esprit des plantes et de celui des animaux n’est jamais séparé de l’équilibre psychique et physique de l’humanité. Si guérir est dans l’ordre des choses, la santé refait son apparition lorsqu’on retrouve le respect de l’esprit de son corps et de celui de la Terre dans un sentiment de gratitude et de total lâcher-prise.

La disparition des symptômes de nos malaises n’est pas une finalité en soi; il nous est demandé d’apprendre à purifier l’entité spirituelle du malade. La puissance thérapeutique des plantes médicinales que la Terre nous offre gratuitement écarte les signes extérieurs de la maladie mais elle n’éloigne pas la vraie cause de la maladie qui est plus profonde : l’aspect psychosomatique doit être envisagé et c’est le rôle essentiel du médecin de l’esprit. Dans leur tentative de justifier le pouvoir en place, nos historiens ont pris pour un sorcier l’ancien médecin chaman qui était loin d’être « primitif ». Le travail des sages-femmes était lui aussi essentiel car elles savaient que l’énergie de l’amour désintéressé est souvent le plus précieux des guérisseurs. Chez les Aztèques, la médecine et la spiritualité n’étaient pas séparées l’une de l’autre. Les chants vibratoires avaient encore gardé leurs fréquences curatives et étaient appliqués en complémentarité des traitements médicaux dans le but d’attirer la grâce divine pour le bienfait des malades. Le médecin aimait son patient et le patient avait une confiance totale en son médecin.

Selon la sagesse des Anciens, tout est vivant et cette vie vient de la Grande Vie Divine. Même les pierres et les cristaux ont une âme. Lorsque l’homme-médecine les utilise durant les cérémonies de ses loges de sudation, il leur parle et les pierres lui répondent. Le mot « nature » et le mot « terre », dans nos langues occidentales, semblent se référer à quelque chose qui est séparé des êtres humains. En réalité, nous devrions plutôt envisager la nature comme une « énergie de pensée », un courant qui supporte notre vie. C’est une folie de penser que nous sommes supérieurs à tous les écosystèmes dont notre vie même dépend. Nous avons inventé de prodigieuses technologies; le résultat est qu’une partie du monde s’asphyxie dans ses propres déchets, et qu’une autre partie meurt de faim dans des taudis sans eau potable. Tous autant que nous sommes, nous ne sommes que des voyageurs sur la Terre, mais comment peut-on vivre heureux durant les courtes années de ce séjour terrestre en sachant que des millions d’enfants n’ont ni refuge ni nourriture?

Avec le temps, nous allons apprendre la chose la plus importante de toutes : Grand-Mère Terre n’est pas seule. Elle porte en son sein l’essence de Dieu; et Dieu est la chose la plus puissante qui existe dans l’univers. Peu importe qu’on soit pratiquant ou non-croyant. La sagesse des Anciens dépasse les religions. À bien y réfléchir, nous pouvons dire que Dieu est athée. Peu Lui importe qu’on soit chrétien, juif, hindou, musulman ou rien du tout. La seule religion de l’Esprit qui soutient la Terre et qui la maintient dans son orbite autour du soleil central de notre système stellaire est l’amour purifié mis en pratique, la compassion, la dévotion, le dévouement, l’oubli de soi et l’abandon au Bien Universel. Le reste n’est qu’une forme ou une autre de  bavardage théologique. La Terre survivra toujours mais l’homme disparaîtra s’il n’apprend pas qu’il n’est ni propriétaire de la terre ni le contrôleur de Dieu. Au contraire, il appartient à la Terre et à l’Esprit qui la dirige. Ce n’est pas la Terre qui doit nous servir; c’est nous qui devrions servir Grand-Mère Terre et l’Esprit qui l’anime.

Les Anciens se rappellent que lorsqu’ils étaient jeunes, ils pouvaient boire l’eau des rivières et s’y baigner à volonté. La Terre est notre mère; dans la conscience et l’amour s’écrivent les prophéties dans l’eau de ses rivières. Aujourd’hui il est dangereux d’y tremper les pieds tellement elles sont empoisonnées. Notre mode de civilisation contribue à la destruction rapide de la planète. Mais tout cela peut changer, tout peut s’améliorer. L’héritage mystique du privilège de notre forme humaine n’a pas encore été complètement annihilé. Dans la confiance et l’amour s’écrivent les destinées des tribus de la Terre pour toute l’humanité. Même si la transition d’un état de destruction à un état de reconstruction sera toujours difficile, la renaissance spirituelle du monde est irrévocable. L’âme divine s’éveille et rien ne saura l’arrêter dans l’univers. L’âme divine de la Terre se réveille après un long sommeil dans la matière et rien ne saura l’empêcher de retourner dans son mystère, dans le pouvoir sacré de son éternité.

Je me suis demandé ce que nous pourrions faire devant l’ampleur du travail qu’il reste à accomplir. J’en suis arrivé à la conclusion qu’il serait bon d’atteindre à la souveraineté. Non pas la souveraineté d’une nation ou d’une province, ce qui ne servirait qu’à faire reculer la solution. C’est chacun d’entre nous, individuellement, qui est appelé à devenir souverain, à être souverain pour lui-même, souverain de ses pensées, de ses émotions, de ses opinions, de sa liberté, dans l’harmonie de l’ensemble du monde. La souveraineté de l’un s’arrête là où commence la souveraineté de l’autre, dans le respect de chaque individu, sans perdre de vue l’intérêt global du Créateur dans l’unité de l’ensemble des peuples et des âmes. Chaque femme et chaque homme parmi nous sont appelés à devenir souverains car la souveraineté commence avec soi-même. Cela signifie que nous ne devons plus compter sur les autres. Pour faire le travail de restauration, nous ne pouvons plus compter sur l’état providence, sur les industries pharmaceutiques en collusion avec les médecins, sur le profit, sur le capital, sur la Banque Fédérale, sur les médias corporatifs qui ne nous donnent que de la désinformation à longueur de temps, ou sur les dirigeants politiques esclaves des sociétés secrètes satanistes et mondialistes dont les actions ne visent que la dépopulation pour le contrôle des masses. Le temps de l’éveil est arrivé. Nous allons être nous-mêmes le changement que nous voulons voir chez les autres.

Si vous doutez de quelque chose, posez une question précise au Créateur et à la Terre depuis le centre de votre cœur et il se passera une chose merveilleuse : le Créateur et la Terre vous répondront depuis le centre de leurs cœurs. Nous sommes actuellement en pleine transition vers une renaissance spirituelle globale. Les tensions sont exacerbées mais la Terre fait encore son devoir de mère, elle nous nourrit encore et nous pouvons lui en être reconnaissants car sans elle, sans son oxygène, son eau, sans la corne d’abondance de ses champs de blé, de maïs et de riz, sans les fruits qu’elle nous offre si généreusement, sans ses herbes-médecine, sans la régularité de ses saisons, pas un seul humain ne pourrait survivre longtemps.

Lorsque j’ai eu l’immense honneur de rencontrer William Commanda- Ojigkwanong (1913-2011), il avait déjà 97 ans et représentait un monument de sagesse et de connaissances ancestrales. Il m’a parlé longuement de la prophétie des sept feux de la Ceinture Sacrée Wampum et du secret des cycles de la Lune. Il m’a parlé du Cercle de Toutes les Nations, de la Prière des Quatre Directions, de la force des valeurs traditionnelles et de la puissance du pardon dans le phénomène de la guérison. Je lui ai demandé quoi faire si un conflit  intercontinental thermonucléaire ou qu’une pandémie internationale se déclenchaient. J’ai vu des larmes briller dans son regard. Il m’a regardé et m’a dit : « Nous ne sommes qu’une parcelle de la création. Prie le Grand-Esprit, remercie Grand-Mère Terre et crois que ton système immunitaire est fort et il le sera, et tu seras sauvé, tu seras protégé ». Lorsque je l’ai quitté, je ne savais pas que je le voyais pour la dernière fois car le temps qui nous emporte tous lui a fait prendre la route vers le Grand-Esprit quelques mois plus tard. En passant sa porte, je me suis retourné vers lui et il m’a dit avec son air d’enfant éternel : « Les docteurs et les professeurs étudient ce que les hommes ont appris, mais nous, nous prions pour nous rappeler ce que les hommes ont oublié ».