Mes dédales administratifs (3e partie)

J’aurais voulu éviter de me rendre jusque-là, mais je dois me conformer au système établi par notre cher gouvernement, ce qui implique que je me rends à mon dernier palier de contestation des décisions prises aux deux premiers niveaux. Tous se collent à la marge permise par les lois, qui sont désuètes en ce qui concerne les services sociaux offerts aux travailleurs autonomes du Québec.

Je suis un peu déçue de la non-réponse ou de la passivité dont font preuve les élus prétendument concernés par le dossier, incluant ma députée, le ministre de ma région, et même la ministre de la Solidarité sociale. Je ne sais pas si ce sont les vacances ou une mauvaise gestion administrative des demandes qui leur sont faites, mais clairement, une amélioration de leurs services serait à considérer. Mais dans mon cas, j’ai fait mon bout.

C’est la première fois dans ma vie que je dois effectuer des démarches juridiques. J’ai toujours réussi à les éviter, et ce, même quand j’ai divorcé. Mais là, mes convictions sont plus fortes que le processus auquel je fais face. Je me suis donc inscrite à l’aide juridique. On m’a demandé beaucoup d’éléments, mais j’ai quand même réussi à en donner plus qu’il était requis. J’ai ouvert mon jeu au-delà de ce qu’on me demandait, ce qui peut me nuire autant que m’aider. Histoire à suivre, car un délai est requis pour l’analyse du dossier et, de mon côté, je dois décider si je peux avoir accès à ce service, qui selon moi, est embourbé. Ils ne peuvent pas assurer eux-mêmes le service pour lequel ils sont formés, mais fournissent une liste d’avocats couvrant trois régions administratives (Montréal, Laurentides, Lanaudière). C’est à nous de démêler tout ça.

J’ai commencé par le raccourci en ciblant la meilleure personne pour me représenter dans toute la liste. J’étais heureuse de l’avoir trouvée, mais on m’a fermé la porte sous prétexte que cette avocate ne traite pas de dossier en droit administratif. J’ai révisé ma technique en sélectionnant les personnes dont la spécialité correspond à mon besoin. Trois d’entre elles n’ont pas aimé recevoir un appel provenant de l’aide juridique, précisant qu’elles n’acceptaient plus ce genre de dossier. Est-ce ma faute si ces avocats figurent encore sur la liste? D’autres cabinets étaient en pénurie d’avocats et débordés, préférant leurs clients payants. À ma plus grande surprise, les spécialistes en droit administratif, mais dans les cas de CNSST et d’accidents à la SAAQ, ne voulaient pas s’occuper de mon dossier au tribunal administratif. Bref, il m’en a fallu du temps, et j’ai presque failli me décourager.

Finalement, je suis tombée sur la perle rare! Une avocate très expérimentée qui répond elle-même au téléphone, pas très loin de la retraite, du type « vieille école ». Elle ne craint pas le droit dont j’ai besoin, comprend le système et sait également quel angle adopter pour m’aider. On attend la réponse de l’aide juridique pour qu’elle ouvre la machine. Je me suis permis une danse de la joie quand elle m’a dit oui. J’ignorais qu’il était difficile de trouver quelqu’un qui accepte de te représenter, d’autant plus que mon dossier est légitime. Alors, je suis compatissante pour les « croches » qui essaient d’être acceptés à l’aide juridique.

Tout cela pour dire que je vais être obligée de rédiger d’autres chroniques pour vous tenir au courant. Le but n’est pas de gagner le procès, mais de parvenir à faire modifier les lois, et par le fait même, enlever les traces de leurs déséquilibres et de leur mauvaise gestion, qui ont conduit aux conséquences que j’ai vécues. Je veux remettre mon dossier à zéro et avoir la paix. Donc, j’avance jusqu’à ce résultat. Me voici inscrite au tribunal, et j’attends mes dates. Je suis prête comme on dit.

Merci! Soyez bénis!

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