« Dieu est Père, mieux encore, Il est Mère » 

(Albino Luciani)

Luciani est mieux connu sous le nom de Jean-Paul 1er. Probablement sans s’en rendre compte ou peut-être que si, le pape Sourire comme on l’appelait et dont la mort est encore un mystère pour plusieurs, a lancé là une phrase qui lui aurait valu le bûcher au 15e siècle.

Sa commande !

Il y a de cela quelques années, alors que je pétrissais mes viandes avec un judicieux mélange d’œuf, de fromage, d’oignons, d’épices et de bouillon, ma Divine Mère m’a juste soufflé quelques mots : « Parle-leur encore de Moi ! » Cela m’a profondément ému, presqu’aux larmes et m’a finalement rendu le sourire qui aura éclairé le restant de ma journée. Pour tout dire je venais de terminer une entrevue avec Julie Leblanc pour son émission de radio, et à la toute fin, elle m’a demandé de lui révéler qu’elle était ma musique préférée. Je ne savais pas quoi lui dire et Julie m’a dit : « Il y a plein de musique chez-toi, es-tu musicien ? » Hé non je ne joue pas souvent de musique chez moi et je ne suis pas musicien mais la Divine Mère est dans le secteur; il est possible qu’une médium capte quelque chose. Enfin bref, la dernière fois que j’ai ouvertement parlé d’Elle c’est dans certains de mes bouquins, il y a longtemps. Elle m’a demandé de vous parler d’elle, non qu’elle ait besoin de moi pour le faire, mais sachez bien que si elle me le demande, je vais le faire là, maintenant. Laissez-moi vous révéler un vieux secret, non seulement oublié mais occulté volontairement depuis des siècles et des siècles, par les religions patriarcales et elles le sont toutes : Le culte de la Déesse Mère est le plus ancien de tous et sans contredit le plus authentique. On parle de dizaines de milliers d’années en tenant compte des découvertes archéologiques concernant les tous premiers peuples de la fin mais possiblement du milieu du paléolithique, puis les Sumériens, les Grecs, les Celtiques, les Scandinaves, les Germains, les Hindous et les Chinois également. La plus ancienne représentation de la Déesse Mère est une statue provenant du paléoasiatique appelée la Vénus de Willendorf et pouvant avoir près de 25 000 ans. Mais déjà une divinité féminine est représentée entre deux lionnes dans les peintures les plus anciennes de la culture de Nagada en Égypte où d’ailleurs, Isis a été vénérée plus encore que Osiris jusqu’au 6e siècle. Le site néolithique de Catalhöyük en Turquie, et remontant à une période de plus de 9000 ans, a révélé de nombreux indices du culte de la Déesse Mère. Les fouilles ont révélé que le nombre de déesses dépassait largement celui des divinités masculines qui éventuellement finirent par disparaître tout à fait avec le temps : ce n’est pas rien ! Les déesses n’ont jamais été aussi nombreuses et adulées que durant l’âge d’or de l’antiquité soit la conscience première des hommes de l’existence d’un principe divin. Elles sont Isis, Cybèle, Magna Mater, et la liste est trop longue pour ce texte. Les Germains de leur côté avaient de nombreux rituels centrés sur la personne de Nerthus, leur Terra Mater. Plus tard, quand la chrétienté s’évertuera à tout saboter comme à son habitude, les Germains continueront, malgré cela, d’adorer la Terre, mère de tous les hommes au nom magnifique de Fira Modor. Odin avait une épouse répondant au nom de Frigg et en Islande, la Terre, tout comme Gaïa, est désignée comme l’épouse d’Odin. Frigg apparaît aussi comme une grande déesse dans le mythe de Baldur. Que voilà des noms aussi merveilleux qu’une caresse de velours sur la peau. Dans l’hindouisme complexe et riche, la vénération des grandes déesses remonte à la période du Rig Veda qui nomme la puissance féminine, Mahimata un nom qui se traduit par Terre Mère. Dans certains textes, la grande Déesse est appelée Viraj, la Mère universelle, ou Aditi, la Mère des dieux ou encore Ambhrini, celle qui est née de l’océan primordial. Durga représente la nature protectrice de la maternité. Yaganmatri est un autre nom qui signifie Mère de l’Univers en sanskrit. Les multiples divinités indiennes sont toutes considérées comme des facettes de la Mère universelle. L’énergie féminine, la Shakti, est considérée comme la force motrice de l’univers. Chez les Mongols, Umaï est la Déesse Mère. Les taoïstes placent le grand principe Féminin du Yin en tout point égal à son opposé masculin le Yang. Les Chinois vénèrent Nuwa, celle qui créa l’humanité avec de la vase et au Japon, le monde fut créé par un dieu Izanagi et Izanami, une déesse à égalité.

Le chercheur Thomas Romer enseigne dans son cours au Collège de France que le nom Ashérah désigne une déesse cananéenne mais la grande majorité des historiens ont conclu qu’Ashérah était en fait la représentation d’un culte majeur, celui de la Déesse Mère. Ma Divine Mère. Je devais vous en parler. C’est fait.