Je m’attache à l’histoire littéraire pour cette chronique, tirée de l’œuvre canadienne de Lucy Maud Montgomery et de la magnifique réalisation télévisuelle de Sullivan Entertainment (1985), Anne of Green Gables.

J‘ai eu la chance de découvrir, quand j’étais jeune, ce chef-d’œuvre, grâce à ma gardienne, Jessie. Elle avait enregistré la série sur une cassette vidéo. Radio-Canada diffusa la série, l’équivalent de deux saisons de quatre épisodes. Je l’ai écoutée peut-être 100 fois, jusqu’à mes 22 ans. Je me suis rendue sur place, à l’Île-du-Prince-Édouard, où se situe ladite maison d’Anne. J’ai eu accès à la suite de la série, les deux dernières saisons. En fait, je les ai achetées avec empressement.

Sur place, on découvre que l’attraction n’a rien à voir avec ce que l’on voit dans la série, mais plutôt que l’auteur y a résidé quelque temps, lorsqu’elle était jeune, et que c’est là qu’elle a commencé à écrire le livre. J’étais un peu déçue. Je voulais m’acheter une robe comme celle d’Anne, il n’y en avait pas dans la boutique de souvenirs. J’ai gaspillé mon moment. On y a passé 24 h et on est repartis rapidement.  Aujourd’hui, j’aimerais y retourner, mais prendre le temps d’y faire des activités, comme faire un pique-nique et jouer au golf dans les champs.

J’ai appelé ma chronique par le nom de la comédienne qui incarnait Anne, pour une raison bien spéciale. J’ai lu au secondaire, en fait, j’ai fait un oral sur les livres de Lucy, et je n’ai pas accroché sur l’histoire. C’est le jeu de Megan qui est extraordinaire, celui de tous les personnages de la série également. Le casting est époustouflant, les sentiments sont justes et bien véhiculés. C’est cette Anne, particulièrement, qui vient nous chercher, et ça vaut pour tous les personnages.

C’est du patrimoine canadien qui nous donne envie de retourner dans le temps et d’y être. Ça se passe dans une société de bonnes manières, de romantisme, de dur labeur. La première partie représentée est la fin des années 1800, et la deuxième touche le temps de la Première Guerre mondiale. Les conditions de la femme, des orphelins, l’éducation, la modernisation, la médecine, la relation de village, les codes sociaux et convenances religieuses, les affaires, la charité. Il y a beaucoup d’éléments qui sont soulevés dans cette histoire d’Anne.

C’est une série qui m’a touchée droit au coeur et elle est allée chercher bien des aspirations profondes. Ça m’a inspirée dans mes idéaux, dans ma façon de faire et d’être, même dans le choix du prénom de ma fille.

C’est tellement la perfection comme expérience, que les acteurs ont été collés aux personnages, leur rôle dans cette série les a suivis. Je remercie infiniment Megan Follows, car cette histoire qu’elle a fait vivre, c’est mon histoire canadienne préférée et Anne est une de mes héroïnes favorites.

Je suis de celles qui ont porté le deuil, en 2015, du talentueux Torontois Jonathan Crombie, alias Gilbert Blythe, dans Anne. Il est mort à 48 ans, d’une hémorragie au cerveau. Il a été une inspiration importante dans ma vie amoureuse. Il a mis de hauts standards quant à mes choix d’hommes. Il a la noblesse, un grand cœur, il est droit, intelligent, patient, compréhensif, sincère, gentil. Bref, j’espère un couple parfait, avant-gardiste, avec un profond respect mutuel.

Bien que mes séries ne soient plus avec moi, car je n’ai plus de lecteur vidéo, j’ai été fort soulagée que la série repasse sur la chaîne Elle Fiction. J’ai pu la partager avec mes enfants, mes filles plutôt. J’ai arrêté aux belles années d’Anne, avant la guerre. L’autre partie est intense, mais on dénote bien le grand courage de nos protagonistes. Cette partie, je l’ai vue moins de fois, une ou deux.

Ça nourrit notre lumière, notre intelligence, ça alimente nos origines. Je vous souhaite de l’écouter, si ce n’est pas déjà fait. Il y a eu beaucoup de versions d’Anne, mais aucune n’est à la hauteur de ce que Megan offre. Cette version est inégalée et inégalable.