Une des grandes contributions de la psychologie, en particulier de la psychologie humaniste, est la notion de la responsabilité personnelle au niveau du développement des individus. En effet, malgré les influences génétiques et environnementales, chaque individu est responsable de lui-même … pour le meilleur et pour le pire. C’est un énoncé lourd de conséquences !

L’une de ces conséquences est la liberté et le fait que nous choisissons, consciemment ou non, les comportements, les perceptions et les pensées que nous avons à chaque instant. Voilà qui est énorme, n’est-ce pas ? En fait, les individus sont comme les électrons : ils ont chacun un degré de liberté. Certains électrons ont un degré de liberté supérieur à d’autres électrons; il en va de même pour les individus. Ainsi, un nouveau-né n’a pas le même degré de liberté qu’un adulte normalement constitué, en bonne santé mentale et physique.

Notre degré de liberté peut également varier selon la situation que nous vivons. À titre d’exemple, un individu pris dans un ouragan n’a pas le même degré de liberté que le vacancier qui se prélasse sur une plage. Dans le premier cas cependant, il subsiste tout de même un degré de liberté appréciable. En effet, l’individu a le choix de ses comportements. Par exemple, ira-t-il se cacher, et si oui où, comment et avec quelle rapidité? Choisira-t-il plutôt de braver la tempête pour en prendre des photos saisissantes? Il a aussi le choix de ses pensées et de ses perceptions. Ainsi, se laissera-t-il abattre psychologiquement par la tempête et maudira-t-il la vie? Ou gardera-t-il, malgré tout, une attitude positive en pensant qu’il est en sécurité et que ses biens endommagés seront remboursés? Et prenons le cas du vacancier sur le bord de la mer. Que fera-t-il de la grande liberté qui lui est accordée? En abusera-t-il en choisissant des activités qui ne soutiennent pas sa santé, comme boire de l’alcool et manger avec excès? Ou choisira-t-il plutôt de se régénérer, mentalement et physiquement, grâce à ces jours de vacances ? Le choix lui revient complètement !

Comme on le constate par ces simples exemples, les choix sont omniprésents dans notre vie quotidienne, à partir du moment même où on se réveille le matin. Chaque journée et notre vie entière sont constituées d’une multitude de choix et de décisions prises à chaque instant … oui oui ! à chaque instant !

Nous sommes donc responsables des choix et des décisions que l’on prend continuellement dans toutes les situations que l’on rencontre, même si nous n’en sommes pas conscients. D’où l’importance de bien se connaître et d’avoir la lucidité pour faire des choix qui nous soutiennent dans notre développement. Il faut aussi avoir suffisamment d’amour pour soi et d’estime de soi pour prendre des décisions qui nous aident à être heureux. Car nous sommes responsables de notre bonheur … comme de notre malheur.

Il est tellement plus “facile” de rendre les autres (nos parents, notre conjoint, la société, etc.) responsables de notre malheur ! Nous les rendons responsables tant que nous n’avons pas compris que nous leur remettons ainsi notre propre pouvoir et que nous leur donnons le pouvoir de nous influencer.

Lorsque l’on comprend que nous sommes responsables de nos choix de comportements et de perceptions, on réalise que notre pouvoir créateur est grand. On peut enfin choisir de co-créer notre vie à partir des événements, petits et grands, qui se présentent dans notre quotidien. Le moindre geste que l’on fait (ou omet de faire), le moindre sourire que l’on fait (ou omet de faire), la moindre pensée positive que l’on choisit pour remplacer une pensée négative, sont quelques exemples illustrant que nous sommes tels des peintres créant la toile de notre vie. Les situations et les événements créent une partie du décor de la toile mais nous créons tout le reste, et c’est ce qui fait la différence entre une toile de vie lumineuse et une toile de vie disharmonieuse. Évidemment, plus la pleine conscience de soi-même est développée, plus notre pouvoir de co-création est grand, et plus notre bonheur l’est aussi.

Une autre conséquence de la responsabilité personnelle est l’impact qu’elle a sur notre communication avec autrui. Si je suis pleinement consciente de ma responsabilité personnelle, je ne pourrai plus blâmer les autres pour la souffrance que je ressens. C’est d’ailleurs une des choses qu’une psychothérapie humaniste apprend à la personne qui en bénéficie : éviter les mots “je dois” et “il faut” pour les remplacer par des “je veux” et “je choisis de”. Ainsi, au lieu de dire “Cette personne me met en colère”, l’on dira plutôt “J’ai choisi de me mettre en colère contre cette personne”. C’est un changement radical de perspective ! L’individu assume ses sentiments comme faisant partie de lui-même, et non comme étant “causés” par une situation extérieure. La situation extérieure a certes activé un “bouton rouge” ou une zone de fragilité chez l’individu mais le sentiment éprouvé provient bel et bien de lui. Une “preuve” de cela est que, dans la même situation, un autre individu aurait réagi bien différemment, peut-être même sans aucune colère. La colère appartient donc à la personne qui vit cette colère et il en va de même pour tout autre sentiment, comme la joie, la tristesse, le dégoût, la peur, etc. Les événements que l’on rencontre sont donc des miroirs qui nous permettent de connaître les sentiments que l’on nourrit en soi.

Reconnaître notre responsabilité personnelle, c’est reprendre le pouvoir créateur de notre vie à travers les choix et les décisions que l’on fait à chaque instant de notre quotidien.

Namasté !

Marie Perreault

 

© Tous droits réservés, Marie Perreault (mai 2019)