Jacques Salomé écrit : « Qu’est-ce que nous demandons le plus? » Il répond : « D’être aimés? Non, d’être choisis! » Cela signifie qu’être reconnu par les autres est un besoin plus fondamental que celui d’être aimé. Adler va plus loin encore en affirmant que l’homme cherche à se distinguer en exprimant sa volonté ou son besoin de puissance. C’est ce qui lui permet de vaincre son complexe d’infériorité et d’exercer au mieux sa volonté d’affirmation et de valorisation de soi, non seulement par rapport à lui, mais aussi par rapport aux autres. C’est ce qui explique pourquoi nous tolérons si mal de passer pour inférieurs et ce qui justifie le déploiement d’efforts considérables et même l’exercice de la combativité pour atteindre l’égalité avec nos semblables ou pour nous dresser au-dessus du « troupeau ».

Dans ces conditions, on peut comprendre pourquoi la psychologie met l’accent sur un égo fort, capable de s’affirmer. Or s’affirmer, c’est affirmer sa différence. Mais pour cela, il faut développer l’estime de soi et découvrir ses richesses intérieures. Jung a une parole étonnante là-dessus : « Pour son accomplissement, l’homme n’a pas besoin de perfection, mais de plénitude. » Ce qui signifie que l’être humain est plus mal à l’aise quand il sent un « vide intérieur » que quand il se sent imparfait. Comme la nature a horreur du vide et que nous sommes essentiellement désir de plénitude, certains choisissent de remplir ce vide par l’alcool, la drogue, le jeu, le travail, etc. Mais il n’y a qu’une façon de le remplir pleinement : cultiver la dimension spirituelle de l’être. J’en parlerai dans ma prochaine chronique.

Jean-Paul Simard