Pour trouver son centre intérieur, il faut plus qu’une simple «attitude attentive» nous permettant d’utiliser au mieux notre potentiel physique, intellectuel et mental. La concentration est essentiellement une démarche de ressourcement qui amène la personne à atteindre l’unité et l’harmonie intérieure, et ce, dans un monde où tout invite à la dispersion et à l’agitation. Une loi de la physique dit : «Ce que l’on gagne en expansion, on le perd en concentration». L’équilibre humain et le bonheur obéissent à cette loi.

C’est le constat que j’ai fait, il y a quelques années, quand j’ai écrit un livre sur la concentration. Il s’intitulait Se concentrer pour être heureux. Quelques années plus tard, les Éditions de l’Homme le rééditaient sous le titre La concentration créatrice, une voie vers la sagesse et l’harmonie.

Je voyais un lien entre le fait d’être heureux, c’est-à-dire d’être habité par une certaine paix intérieure, et se concentrer. Ce lien m’était inspiré par l’étymologique même du mot «concentration», qui contient germinalement le mot «centre». Tout l’enjeu consiste alors à retrouver son «centre intérieur».

Ce centre est ce qui permet de se ressaisir, de retrouver son «être intime», de recréer en soi un oasis, un asile de paix où l’on peut, à son gré, se réfugier et s’installer en toute quiétude. Un lieu où les voix humaines se taisent pour entendre ses propres voix intérieures et qui sait, peut-être retrouver cette fine perception de la voix divine. Serions-nous en « exil » de nous-mêmes?

Retrouver son centre intérieur n’est pas facile car nous ne sommes pas chez nous. Nous n’habitons pas notre être. Toutes les sagesses et les spiritualités s’entendent sur un point : nous sommes «en exil de nous-mêmes». Nous avons une tendance naturelle à dériver de notre âme. Et ce qui est le plus dangereux, c’est qu’habitués à sortir de notre intériorité, nous en arrivons à nous accommoder de la situation et à ne plus ressentir l’épreuve de l’exil.

 

Jean-Paul Simard