Sur le plan génétique, la race n’existe pas. Des études réalisées sur l’ADN humain ont permis de découvrir qu’il y a beaucoup plus de variations génétiques entre les individus d’un même groupe « racial » qu’entre deux groupes différents. Nous sommes plus différents que semblables. Bien plus, en tant que personne, nous ne sommes pas seulement différents, nous sommes uniques.

Pourquoi sommes-nous uniques?

Le caractère unique d’une personne commence par la prise de conscience que naître est déjà un privilège. Le seul fait de vivre, de persévérer dans l’être et dans l’existence est quelque chose de prodigieux. À certains moments, toute la réussite de la vie humaine peut tenir dans cette seule aptitude à conserver et à développer le souffle de vie qui nous a été octroyé à la naissance. Ce même souffle ardent, impétueux, venu de très loin, celui-là même qui a apporté à l’humanité l’admirable force par laquelle elle existe.

Dans son célèbre Mémorandum, Og Mandino livre un passage qui m’a toujours fasciné. C’est celui où il évoque la mystérieuse rencontre des deux premières cellules (ovule et spermatozoïde) à l’origine de la vie humaine. Vous est-il déjà arrivé de penser que la vie – votre vie – provient d’un unique, infime et microscopique spermatozoïde qui s’est faufilé entre quatre cents millions d’exemplaires de son espèce? Et si l’on considère les deux cellules réunies (celle du père et celle de la mère), en regard des centaines de gènes contenus dans chacun des chromosomes, trois cent mille milliards d’humains, tous différents les uns des autres auraient pu être créés. Mais qui a été retenu comme exemplaire unique? Nul autre que vous, moi…

Ce qui est plus étonnant encore, c’est que parmi les vingt milliards d’êtres humains qui ont foulé le sol de notre planète depuis le début des temps, jamais il n’y a eu quelqu’un qui nous ressemblait exactement. Et jamais, jusqu’à la fin des temps, il n’y aura quelqu’un d’autre qui nous ressemblera exactement.

Chacun d’entre nous forme un microcosme unique. Un spécialiste écrivait dans la revue Science et Vie : « Un homme, c’est 40 mille milliards de cellules diversifiées (peau, muscles, nerfs, etc.), organisées, sauf accident, dans un ordre immuable, et descendan­tes de deux cellules uniques : un ovule et un spermatozoïde. Chacune de ces cellules, dont le noyau n’excède pourtant pas 1 millionième de mètre de diamètre, contient le plan d’architecte de l’ensemble, sous forme d’un ruban d’ADN qui atteindrait 1,80 m si on le dévidait sur ce long et mince “manus­crit”, c’est-à-dire, une description précise contenant 3 milliards de lettres destinées à la machinerie du vivant et que les généticiens ont entrepris de décrypter. » En d’autres termes, il y a plus d’informations dans nos cellules que dans toutes les bibliothèques du monde entier et peut-être même dans tous les livres jamais écrits. Et cela vaut pour la partie purement biologique de notre être. Qu’en est-il maintenant du cerveau qui abrite la conscience? J’en parlerai dans ma prochaine chronique.

Jean-Paul Simard